August 27, 2025

Ses produits ont fait leur tour du monde : l’artisan pastellier d’Albi ferme ses portes

l’essentiel
Après 25 ans, les créateurs de “L’artisan pastellier” à Albi (Tarn) vont prendre leur retraite à la fin du mois. Outre le pastel, ils avaient développé une gamme de peintures et huiles uniques.

Leurs encres sont vendues à travers le monde. Leurs pastels dans les grands musées français, dont Toulouse-Lautrec à Albi. Didier Boinnard et sa femme Claire Delahage, l’artisan pastellier d’Albi, vont prendre leur retraite. La boutique, au 5 rue Puech Berenguier, à côté de la maison du Vieil Alby, fermera ses portes le samedi 30 août.

La boutique va fermer ses portes le 30 août
La boutique va fermer ses portes le 30 août
DDM – EMILIE CAYRE

 

Ancien chimiste, Didier Boinnard s’est installé il y a 25 ans à Albi avec sa femme, fille du dernier tisserand de Cordes. Au départ, ils voulaient produire des couleurs végétales. Trop compliqué. Situés en pays de Cocagne, ils se tournent donc naturellement vers le pastel.

À lire aussi :
Le Vieil Alby en bleu pastel

“À l’époque, on a acheté l’immeuble. On avait la fabrique au 1er étage, le magasin au rez-de-chaussée et on vivait au-dessus”, se souvient Didier Boinnard. La maison est du XIIIe siècle et cadre parfaitement avec “les formules anciennes de nos produits”.

Plus tard, ils ouvriront un local de fabrication à Graulhet, qui a été racheté et va donc continuer. Quant à la boutique, elle fermera définitivement. “Les centres-villes sont bien sinistrés”, se désole le pastellier, en montrant les rues vides alentours.

À lire aussi :
Graulhet. Le pastellier perpétue une tradition artistique

Intarissables sur l’histoire du pastel et sa confection, ils font le bonheur des touristes à qui ils apprennent que le pastel a certainement été découvert à l’époque des hommes préhistoriques. Et qu’après avoir été la couleur des barbares (les Pictes notamment), le bleu pastel était devenu celle des rois de France… Avant sa renaissance dans les années 1970 grâce aux graines conservées.

Un pigment de plus en plus difficile à trouver

Aujourd’hui, ils achètent directement le pigment bleu pour confectionner teintures et peintures. Un pigment de plus en plus difficile à trouver dans le département. “Depuis trois ans, on vit sur nos stocks. Mais cela commence à être inquiétant. Il faudrait relancer la culture”, assure Didier Boinnard.

À lire aussi :
Retour gagnant pour le pastel

Mais ce qui a fait la réputation de l’artisan pastellier, ce sont ses huiles, pastels et autres peintures. Dès le départ, ils choisissent de développer une gamme beaux-arts. Ce qui explique le nom de l’enseigne, “artisan pastellier”, avec deux l. Soit le bâton à dessiner. La réputation des leurs n’est plus à faire. Et on les trouve dans de nombreux grands musées de France.

Dans la boutique, le bleu pastel était à l’honneur
Dans la boutique, le bleu pastel était à l’honneur
DDM – EMILIE CAYRE

Aujourd’hui, ce qu’ils vendent le plus, ce sont les encres pour les stylos-plumes haut de gamme. Ils ont une palette de 36 couleurs qui se vendent dans le monde entier.

Au fil des années, ils s’étaient constitué une solide clientèle, sur toute la France, dont de nombreux artistes. À tel point que certains venaient à Albi non pour visiter Sainte-Cécile ou le musée mais pour acheter leurs encres ou pastels.

source

TAGS: