August 26, 2025

Airbus face à une grève massive au Royaume-Uni : 3 000 salariés menacent de débrayer plusieurs jours en septembre

l’essentiel
Les salariés des usines de l’avionneur européen à Broughton (Pays de Galles) et Filton (Angleterre) pourraient cesser le travail dès la semaine prochaine. En cause : une hausse salariale annuelle proposée par la direction qu’ils jugent insuffisante. Explications.

Airbus risque d’avoir du plomb dans l’aile au mois de septembre. Ses sites britanniques de Filton et Broughton, spécialisés dans la conception et la fabrication de voilures d’A320, A330 et A350, devraient en effet tourner au ralenti dans les prochaines semaines. Le principal syndicat Unite, qui représente plus de 3 000 monteurs et ingénieurs aéronautiques d’Airbus au Royaume-Uni, appelle à plusieurs journées de grève. Ses membres ont voté à 90 % en faveur de l’action.

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Un bras de fer sur fond de revalorisation salariale

Ce mouvement fait suite à la dernière offre salariale de l’entreprise. Elle proposait une hausse annuelle de 3,3 %, assortie d’un complément de 0,3 % à partir de janvier 2026. Une proposition jugée trop faible par les salariés au regard de l’inflation, qui a atteint 3,8 % en juillet, son plus haut niveau depuis 18 mois. “L’offre salariale ne reflète tout simplement pas les revenus d’Airbus, ni la crise actuelle du coût de la vie. Nous restons prêts à négocier, mais nous ne tolérerons pas que nos membres soient lésés”, a déclaré Rhys McCarthy, le responsable national d’Unite. “Si Airbus ne propose pas une meilleure offre, nous organiserons des piquets de grève en septembre.” À compter du lundi 2 septembre prochain, neuf jours de grève*, étalés sur deux semaines, sont déjà planifiés.

De son côté, l’avionneur se défend. “Nous avons présenté une offre salariale compétitive et équitable pour 2025, qui s’appuie sur des bases solides : des augmentations salariales totalisant plus de 20 % au cours des trois dernières années et une prime de 2 644 £ [3 060 €, NDLR] versée en avril de cette année”, rappelle Sue Partridge, la directrice Avions commerciaux pour le Royaume-Uni. Le bras de fer est donc engagé. La possibilité de parvenir à un accord d’ici la fin de la semaine n’est cependant pas totalement exclue… La direction d’Airbus précise que sa priorité reste de trouver une solution avec les partenaires sociaux et Unite se dit ouvert à la reprise des négociations.

Quelles conséquences ?

À quelques jours de mettre ses menaces à exécution, le syndicat britannique continue de mettre la pression sur l’avionneur européen. Il indique que la “grève perturbera la production d’ailes pour les principaux programmes d’avions commerciaux et militaires d’Airbus, retardera les livraisons et mettra sous pression la chaîne d’approvisionnement mondiale.” Déjà pénalisé par des moteurs arrivant au compte-goutte sur ses chaînes d’assemblage, ce mouvement de grève n’arrangerait pas les affaires du constructeur.

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Ce dernier doit en effet fabriquer 90 avions par mois jusqu’à la fin de l’année s’il veut tenir son objectif annuel de 820 livraisons d’avions. Mais pour l’heure, Airbus reste confiant. “Nous ne sommes pas actuellement préoccupés par l’impact sur les livraisons de fin d’année”, indique un porte-parole d’Airbus. Le discours pourrait bien évoluer d’ici quelques semaines.

* Les dates de grève prévues sont les suivantes : 2 et 3 septembre, 10 et 11 septembre, puis du 15 au 19 septembre.

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