Début août, à Pamiers, un habitant essaie de faire main basse sur le contenu de deux véhicules. Mais quelques maladresses plus tard, le voilà devant le tribunal de Foix. Jugé pour tentative de vol à la roulotte, il écope de quatre mois de prison avec sursis.
Il s’agite dans le box comme s’il n’y était pas vraiment à sa place. Pourtant, Anthony*, 35 ans, est bel et bien jugé devant le tribunal de Foix, en Ariège, après un “coup de main” raté qui lui vaut une comparution pour une double tentative de vol à Pamiers. Deux voitures, un marteau, une paire de lunettes Dior… Et beaucoup de maladresse.
Le 14 août, à l’heure où la plupart des Appaméens prennent la route du travail, lui arpente les rues en quête d’un butin. Vers 7 h 30, il brise la vitre d’un premier véhicule. Son objectif : une paire de lunettes de luxe laissée sur un siège. Mais au moment de tendre la main, il appuie par mégarde sur le klaxon. Réveil brutal pour la propriétaire, qui descend aussitôt et surprend l’intrus. Après une brève confrontation, l’homme s’éclipse, laissant derrière lui son marteau et les lunettes convoitées. La propriétaire a toutefois le réflexe de le photographier.
Quelques minutes plus tard, Anthony récidive. Même geste, même bruit de verre brisé, même échec. Pendant ce temps, sa première victime se rend au commissariat avec son cliché en poche. Les policiers n’auront guère de mal à identifier l’apprenti voleur. Interpellé à son domicile, il évoque alors un besoin pressant de cigarettes pour justifier son acte.
Trahi par son bracelet électronique
Dans les faits, difficile pour lui de nier. Les policiers ont retrouvé un mouchoir imbibé de son sang ainsi que le marteau utilisé pour briser les vitres. Et comme si cela ne suffisait pas, son bracelet électronique s’est chargé de raconter le reste. Condamné en 2024 pour violences conjugales, Anthony n’avait le droit de sortir qu’entre 8 heures et midi. Or, ses tentatives de vol ont eu lieu vers 7 h 30. Résultat : le dispositif a immédiatement envoyé une alerte aux policiers. Comme une signature électronique laissée sur les lieux.
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Devant la cour, son discours change. Agité, il se défausse au sujet du besoin de cigarette : “Ça n’a ni queue ni tête. J’étais sous alcool alors que je n’étais pas censé boire. Je prends des médicaments. J’ai pété les plombs, je ne comprends pas ce qui s’est passé”. Des explications troublantes qui tranchent avec ses premières déclarations. “J’ai eu peur, j’ai voulu minimiser les faits”, tente-t-il d’expliquer.
Une santé mentale compliquée
Lorsque la présidente l’interroge sur sa sortie matinale, les explications restent confuses : “J’allais au cybercafé imprimer des CV”. Une réponse accueillie avec ironie par la cour. “Aussi tôt, c’était obligé ?” Une maladresse d’autant plus lourde de conséquences que le prévenu devait commencer un emploi en septembre dans une entreprise de production de pièces agricoles. “Une opportunité que je viens de gâcher”, regrette-t-il, tête baissée.
Dépressif et bipolaire selon son dossier médical, Anthony prend régulièrement un traitement. Père d’une fillette de 5 ans, il n’est pas inconnu des forces de l’ordre : violences, vols, recel, conduite sans permis figurent déjà à son casier.
“Pour ma défense, il n’y a rien à dire. Mais pour l’avenir, il y a des choses à faire”
“Il vient de commencer une peine sous bracelet électronique à domicile. La moindre des choses, c’est de ne pas commettre de nouvelles infractions”, pointe la substitut du procureur, Élodie Girardelli, qui voit dans son comportement “une forme d’autodestruction”. Elle requiert quatre mois de prison ferme et le maintien en détention.
Du côté de la défense, Maître Faubert met en avant une situation personnelle compliquée. “Il a honte, il ne sait même pas donner un motif”, plaide-t-elle. Elle évoque une situation professionnelle et des soins en cours, signe de bonne volonté.
Avant la délibération, Anthony tente une dernière carte : “Pour ma défense, il n’y a rien à dire. Mais pour l’avenir, il y a des choses à faire”. Une formule qui, malgré sa simplicité, a peut-être su toucher les juges. Il écope finalement de quatre mois de prison assortis d’un sursis probatoire. De quoi lui laisser justement “des choses à faire.”