August 25, 2025

"On croit à son réveil" : le détenu plongé dans le coma après avoir avalé 5 gr de cocaïne ne "sera pas débranché"

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Plongé dans le coma après avoir avalé 5 grammes de cocaïne lors d’une fouille à la prison de Seysses, Fethi devait voir ses soins interrompus. Grâce à l’action de son épouse et de leur avocate, la décision a été suspendue.

Ce lundi après-midi, Camélia a pu franchir la porte de la chambre de réanimation. Sur un des lits du CHU Rangueil, à Toulouse, le visage de Fethi semblait apaisé. Elle s’est approchée, a posé quelques mots. “Je lui ai dit de ne pas lâcher. J’ai vu sur son visage des signes de vie”, confie, bouleversée, cette mère de quatre enfants.

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Quelques heures plus tôt, les médecins de l’hôpital Rangueil lui avaient tenu un discours sans détour : “Il n’y a plus rien à faire.” La famille, elle, refuse de s’y résoudre. “Nous, on ne veut pas qu’ils le débranchent. On va tenter le tout pour le tout. On a des droits et on les fera valoir”, martèle Camélia.

Le destin de Fethi, 37 ans, a basculé vendredi dernier. Détenu à la maison d’arrêt de Seysses, il a paniqué lors d’une fouille de cellule. Pour dissimuler les 5 grammes de cocaïne qu’il possédait, il les a avalés précipitamment. Très vite, son état s’est dégradé : douleurs violentes, délire, puis perte de conscience. Selon ses proches, l’administration pénitentiaire n’aurait pas réagi à temps, en dépit des alertes de codétenus. Ce n’est qu’à 23 h 15 qu’il est finalement transféré vers l’hôpital Rangueil, près de huit heures après le début de la crise.

Depuis, ce père de famille est maintenu en soins intensifs. Dimanche, ses proches dénonçaient déjà le silence des équipes médicales. “Comme Fethi est un détenu, plus personne ne nous parle. On avait accès à lui trente minutes par jour, pas plus”, s’indignait alors son épouse. La famille craignait surtout une décision rapide d’arrêt des soins.

Un répit fragile

La menace était devenue plus concrète, lorsque le Service pénitentiaire d’insertion et de probation a averti que l’arrêt des traitements pourrait intervenir, faute de perspective médicale. Une annonce qui a plongé les proches dans la détresse. Camélia, en colère, envisageait d’organiser une manifestation devant l’établissement hospitalier pour alerter sur le sort de son mari.

C’est finalement sur le terrain judiciaire que la situation a évolué. L’avocate de la famille, Me Sarah Nabet-Claverie, a obtenu l’ouverture d’une enquête pénale par le parquet de Toulouse afin d’examiner d’éventuelles responsabilités de l’administration pénitentiaire. Le délai de prise en charge, entre l’incident survenu vers 15 heures et le transfert à 23 h 15, pose en effet question.

Dans le même temps, elle a été reçue par la directrice du CHU de Toulouse et a obtenu la suspension de toute décision définitive, le temps de renouer le dialogue entre médecins et proches.

Un répit fragile, qui laisse la famille suspendue à la moindre évolution de l’état de santé de Fethi. “Nous, on a dit qu’on croyait à son réveil. On est plein d’espoir”, souffle Camélia. Avant d’ajouter, inquiète : “Ils nous ont juste dit que s’il fait un arrêt cardiaque, ils ne le réanimeront pas.”

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