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Des Palestiniens dans un campement de tentes pour personnes déplacées après des frappes militaires israéliennes près de l’hôpital Al-Aqsa, à Deir al-Balah, le 21 août 2025. JEHAD ALSHRAFI/AP/SIPA
La défense civile de la bande de Gaza a annoncé ce lundi 25 août que 15 personnes, dont cinq journalistes qui collaboraient, pour certains, avec Al-Jazeera, Reuters et AP, avaient été tuées dans des frappes israéliennes sur un hôpital du sud du territoire palestinien. « Le Nouvel Obs » fait le point.
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• L’armée israélienne reconnaît avoir mené une frappe dans la zone
L’armée israélienne a reconnu avoir mené « une frappe dans la zone de l’hôpital Nasser », et annoncé une « enquête ». Regrettant « tout dommage causé à des personnes non impliquées », elle a affirmé qu’elle « ne ciblait pas les journalistes en tant que tels ».
Le porte-parole de l’organisation de premiers secours, Mahmoud Bassal, a révisé à la hausse un premier bilan, annonçant 20 morts dont « cinq journalistes » – contre quatre recensés précédemment – « et un membre de la défense civile ». Selon lui l’hôpital Nasser de Khan Younès a été frappé à deux reprises par l’armée israélienne, d’abord par un drone explosif, puis par un bombardement aérien alors que les blessés étaient évacués.
Compte tenu des restrictions imposées aux médias par Israël à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et affirmations de la Défense civile ou de l’armée israélienne.
• Al-Jazeera, AP et Reuters confirment la mort de plusieurs de leurs journalistes
Al-Jazeera a annoncé la mort sur place d’un de ses photojournalistes et reporter d’images, Mohammad Salama, deux semaines après qu’elle a perdu quatre journalistes et deux pigistes, dans une frappe ciblée de l’armée israélienne qui accusait l’un d’entre eux d’être un membre actif de la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas. Elle avait rejeté cette allégation.
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« Nous sommes dévastés d’apprendre le décès de Hossam al-Masri, collaborateur de Reuters, et les blessures infligées à un autre de nos collaborateurs, Hatem Khaled, lors des frappes israéliennes contre l’hôpital Nasser », a déclaré un porte-parole de l’agence de presse canado-britannique dans un communiqué.
Associated Press (AP), elle, s’est dite « choquée et attristée » du décès de Mariam Dagga, 33 ans, journaliste photo indépendante qui collaborait avec l’agence depuis le début de la guerre. Cette pigiste n’était pas en mission pour l’agence au moment des faits, a-t-elle précisé. Le syndicat des journalistes palestiniens a identifié les deux autres victimes comme Moaz Abou Taha et Ahmad Abou Aziz. Selon un journaliste de l’AFP à Gaza, ce dernier travaillait pour des médias palestiniens et internationaux.
• L’Association de la Presse étrangère exige « des explications » d’Israël
L’Association de la Presse étrangère à Jérusalem (FPA) a exigé « des explications » de la part des autorités israéliennes. La FPA est « scandalisée et choquée », indique un communiqué de l’association, au sein de laquelle est représentée l’AFP, notant qu’il n’y avait eu « aucun avertissement avant ces frappes ».
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« Nous exigeons des explications immédiates de [l’armée israélienne] et du bureau du Premier ministre », ajoute le texte appelant Israël « à abandonner une fois pour toutes sa pratique abjecte constituant à prendre des journalistes pour cible » et soulignant que « trop de journalistes ont été tués à Gaza sans la moindre justification ».
• Près de 200 journalistes tués à Gaza
Une frappe israélienne menée dans la nuit du 10 au 11 août sur une tente utilisée par une équipe de journalistes dans la ville de Gaza avait tué quatre salariés d’Al-Jazeera et deux pigistes, suscitant une indignation internationale. L’un d’eux, Anas al-Sharif, 28 ans, était l’un des visages les plus connus parmi les correspondants couvrant le conflit à Gaza pour la chaîne qatarie Al-Jazeera. L’armée israélienne a confirmé l’avoir ciblé, le qualifiant de « terroriste » qui « se faisait passer pour un journaliste ».
Leurs noms s’ajoutent à la liste des près de 200 journalistes, selon Reporters sans Frontières, tués dans la guerre lancée en représailles à la sanglante attaque du mouvement palestinien Hamas du 7 octobre 2023.