August 29, 2025

Vote de confiance : "Nous sommes la solution…" Réuni à Blois, le PS prépare l’après-Bayrou et pense à Matignon

l’essentiel
Les socialistes se sont retrouvés jeudi dans la capitale du Loir-et-Cher pour le premier jour de leurs universités d’été. Ils se sont demandé comment préparer l’après-Bayrou.

“Si Bayrou renonce aux deux jours fériés, à certaines niches fiscales, taxe les plus hauts revenus, le PS doit réfléchir”… En tendant ainsi la main au Premier ministre, le député européen socialiste François Kalfon a jeté le trouble au sein de sa formation. Riposte immédiate de son collègue au Parlement Pierre Jouvet, qui est aussi secrétaire général du parti : “Le PS et l’intégralité de ses députés voteront contre la confiance”. Fermez le ban.

À lire aussi :
VRAI OU FAUX. Budget 2026 : le paiement des intérêts de la dette va-t-il devenir le premier poste de dépense de l’État, comme le soutient Bayrou ?

L’unité avant tout

C’est pour éviter ce genre de débat que les dirigeants socialistes se sont immédiatement et fortement positionnés lundi après que François Bayrou a sollicité un vote de confiance à l’Assemblée. Pas question que les universités d’été du parti à la rose, qui commençaient hier à Blois, tournent à la foire d’empoigne entre partisans d’un soutien minimum au gouvernement et opposants radicaux. À l’approche des élections municipales, l’unité doit être de mise et le tableau parfait. “À Blois, toutes les figures du parti seront présentes : Carole Delga, Nicolas Mayer-Rossignol, Karim Bouamrane… Le congrès de Nancy a permis un vote incontesté, accepté par tous – contrairement à Marseille”, se félicitait hier le président du conseil départemental de Haute-Garonne Sébastien Vincini dans nos colonnes. C’est donc de l’après 8 septembre dont il sera question ce week-end à l’ombre du château de François Ier.

Un Premier ministre socialiste

Les socialistes ont par exemple décidé d’avancer à ce vendredi la présentation de leur contre-budget, qui pourrait devenir le programme d’action d’un gouvernement de gauche. Le PS, contrairement à leurs anciens alliés Insoumis, a donc bien dans l’idée de revendiquer une fois de plus la nomination de l’un des leurs à Matignon. “Nous sommes la solution”, a assuré jeudi sur X Olivier Faure, le premier secrétaire du parti. Reste à savoir de quelle manière procéder. Selon une source du site d’information Politico, plusieurs hypothèses étaient hier envisagées : “proposer un candidat dans le cadre du Nouveau Front populaire”, “mettre en avant la candidature d’Olivier Faure” ou, de façon plus large, “demander à Macron de trouver lui-même un candidat au sein de la gauche”. C’est notamment ce que réclame “solennellement” la présidente de la région Occitanie Carole Delga, rencontrée hier par nos confrères.

Avec qui gouverner ?

Une autre question se pose : avec qui constituer un gouvernement dirigé par la gauche ? L’option LFI était écartée par tous. Un accord avec les Insoumis “ne paraît pas concevable”, a prévenu dans Libération Boris Vallaud. Certains s’interrogent en revanche sur la présence de LR aux côtés des macronistes… Le député socialiste Philippe Brun proposait lundi “un gouvernement de défense républicaine”, sous-entendant la formation d’une majorité large, tandis que d’autres la veulent beaucoup plus restreinte. Olivier Faure, qui a lui aussi modifié son agenda et devrait prononcer son discours aujourd’hui au lieu de dimanche, sera peut-être amené à trancher.

source

TAGS: