Dans quelques semaines, le Fuxéen Antoine Biard se rendra au Népal pour y disputer le Solukhumbu Trail. L’occasion de découvrir la très haute altitude et de se retrouver seul avec la montagne.
Depuis tout petit, Antoine Biard court. Préparateur physique et coach sportif à Foix, il organise son quotidien au gré des courses inscrites à son calendrier. Cette année, par exemple, il s’est imposé sur le Tarn Valley Trail (153 km ; 6 000 m de dénivelé positif).
Début juillet, il a gagné, en équipe avec ses copains, l’Ultra Ariège. Cette semaine, il est à Chamonix pour accompagner sa femme qui doit disputer l’une des courses du prestigieux Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB). De son côté, il se prépare à affronter la mythique SwissPeaks dont le départ sera donné le 31 août.
Au programme : 380 kilomètres et 26 850 m de D + (27 850 m de D-). “Un parcours très alpin, technique, exigeant et nécessitant d’excellentes capacités en montagne”, indique le site Internet de la course. Ça tombe bien : c’est exactement ce que recherche Antoine Biard. “J’y vais pour faire du dénivelé, marcher et prendre le rythme de repartir le lendemain.”
Une sorte de répétition générale avant son grand objectif de la saison : participer au Solukhumbu Trail, au Népal. Une course atypique. “Une course avant tout humaine, tournée vers la découverte et les rencontres”, explique Dawa Sherpa, l’organisateur. Une légende du trail : il a été le premier vainqueur de l’UTMB et a également remporté le Trail des Citadelles sur sa plus grande distance.
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“On devrait monter jusqu’à 5 600 m”
Le slogan de son épreuve est évocateur : “Explorez les sentiers de l’aventure et de la découverte”. Dawa Sherpa veut aller “au-delà des sentiers battus”. Antoine Biard est sur la même ligne. “Cela fait 10-12 ans que je cours pour la performance. Là, je voulais quelque chose de différent, j’avais besoin de nouveauté. Je voulais aller au-delà de la compétition à outrance. Revenir à l’essence même du trail, de l’ultra-trail, et à la déconnexion totale. Être soi-même face à la montagne.”
Et quelle montagne ! Le massif de l’Himalaya, c’est un autre monde. Antoine avait déjà envisagé de s’inscrire l’année post-Covid, mais l’épreuve avait été annulée puisque les frontières népalaises restaient fermées. Le Solukhumbu Trail, ce sont 300 km à parcourir en trois semaines, répartis en 16 étapes plus ou moins longues. De quoi profiter de chaque instant, même si le chrono est enclenché à chaque fois.
En plus, Antoine aura le bonheur de partir avec sa femme. “Chacun fera sa course, on se retrouvera le soir”, dit-il. Avec, sans doute, de belles émotions à partager. “La particularité de cette course, c’est l’environnement et l’altitude”, souligne-t-il. C’est LE défi majeur de l’aventure. “La première semaine, on va évoluer entre 2 800 m et 4 000 m. Ensuite, on devrait monter jusqu’à 5 600 m, ce qui correspond au premier camp de base quand on gravit l’Everest.”
Le site Internet de l’épreuve prévient : “Attendez-vous à découvrir un Népal plus authentique et des habitants heureux de revoir des voyageurs sur cet itinéraire. La seconde partie du parcours vous fera entrer dans le monde de la très haute altitude. Vous y découvrirez une autre dimension de la course, le plus souvent très intérieure.” Une invitation alléchante.
Pour s’y préparer, Antoine a prévu de se rendre à Toulouse, dans un laboratoire spécialisé, afin de simuler les hautes altitudes auxquelles il devra s’adapter. “Cette course, c’est bien sûr la découverte du pays, mais aussi celle de la haute altitude. C’est un effort physique totalement différent là-haut. On ne sait jamais vraiment comment on va réagir.” À quelques semaines du départ, Antoine Biard sent l’envie monter. “Je suis impatient.” Le site Internet de Dawa Sherpa est encore plus explicite : “Ne vous y trompez pas, vous n’aurez alors qu’une idée en tête : revenir !”
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Une épreuve solidaire
Le Solukhumbu Trail se veut également comme une épreuve solidaire. Au fil de sa carrière, Dawa Sherpa “a intégré des actions humanitaires visant à soutenir la scolarité et l’hébergement des enfants, puis à accueillir les personnes âgées de la vallée du Solukumbu”.
Il a ainsi créé l’association “Parrains et marraines pour le Népal.” L’occasion de récolter des dons dédiés principalement aux villages de Taksindu et Chhulemu, nichés dans la vallée de l’Everest, particulièrement impactée par le séisme dévastateur d’avril 2015. Les participants au Solukhumbu Trail devraient retrouver certains des enfants de ces villages à la fin de leur périple pour parcourir ainsi quelques kilomètres ensemble et de “boucler la boucle ” entre performance personnelle et solidarité.