La France insoumise a refusé l’accès de ses universités d’été au journaliste du Monde qui avait publié “La Meute”. Une trentaine de rédactions ont dénoncé une atteinte à la liberté de la presse mais les Insoumis ne semblent pas décidés à revenir sur une décision qualifiée de censure.
Pour sa première prise de parole politique aux universités d’été de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a notamment salué le mouvement de blocage annoncé pour le 10 septembre, qu’il espère être la traduction citoyenne de la colère du “peuple”, appelant même à la “grève générale”. Mais avant cela, une polémique avait éclaté concernant le fait qu’un journaliste se soit vu refuser l’accès à l’évènement à Chateauneuf-sur-Isère dans la Drôme.
“Atteinte grave au droit d’informer”
LFI a refusé l’accès à ses universités d’été au journaliste du Monde, Olivier Pérou, co-auteur du livre enquête sur LFI “La Meute”. Lors de sa prise de parole, Jean-Luc Mélenchon a dans un premier temps salué les journalistes présents sur place. “Nous ne sommes pas chagrins quand ils disent du mal de nous […] souvent nous avons l’impression que ça nous aide plus que ça nous dessert”, a-t-il lancé. “Vous serez bientôt remplacés par une intelligence artificielle, parce que vous ne disposez pas de plus de 200 mots pour penser la réalité”, a-t-il néanmoins ajouté.
Dans un communiqué commun, plusieurs grandes rédactions s’indignent de la décision en parlant d’une “atteinte grave au droit d’informer”. C’est “un coup de semonce pour toute notre profession”, ont écrit les sociétés de journalistes (SDJ) de près d’une trentaine de médias, dont la rédaction nationale du Parisien, France Télévisions, LCI, M 6, Les Échos, RMC, Libération, Mediapart.
Libération a quant à lui annoncé que le journaliste de sa rédaction accrédité quittait les lieux, “en soutien à notre confrère”.
“Je respecte les journalistes, pas les auteurs de pacotilles”
Malgré tout, une réaction à la polémique n’a pas particulièrement aidé éteindre les braises de la polémique. Claire Jacquin, photographe officielle du parti, s’est exprimée via X en s’adressant à la rédaction de Libération : “Retour à la niche pour la meu-meute”.
Face aux nombreuses réprobations, elle n’a pas nuancé son propos, en persistant et en signant : “Tu veux défendre ces ‘journalistes’ qui ne respectent en rien leur métier : qui l’abîment, qui mentent, qui ne font pas de contradictoire, qui se servent de la vie privée ? Moi, non. Je respecte les journalistes, même ceux qui critiquent. Pas les auteurs de pacotilles”, a-t-elle répondu sur X.
Le grand raout de rentrée du mouvement de gauche radicale se clôturera ce dimanche 24 août par un meeting de la cheffe des députés LFI Mathilde Panot et du coordinateur du mouvement Manuel Bompard.