August 22, 2025

Prière de patienter, le cloître est fermé : "pas de risque d’éboulement, mais il faut le préserver des incendies comme la cathédrale de Cahors"

l’essentiel
Cloîtrés à l’intérieur de la cathédrale de Cahors, sans pouvoir justement visiter le cloître, habituellement accessible, mais “fermé pour travaux”, les touristes et les pèlerins de Saint-Jacques, nombreux dans cet édifice religieux, devront prendre leur mal en patience. Claire Raulin, préfète du Lot, confirme en effet des travaux à venir après une étude liée à la prévention des incendies. Explications.

À peine arrivée à la cathédrale, Geneviève est impatiente de tamponner son credentials, le sceau qui valide ses étapes du chemin de Saint-Jacques de Compostelle sur son carnet de voyage.

À l’instar d’autres pèlerins, cette randonneuse en route dans cette aventure spirituelle, progresse ensuite à petits pas dans l’édifice religieux. “Je vais visiter le cloître, il est inscrit à la rubrique des curiosités touristiques et religieuses incontournables sur mon carnet de voyage” chuchote-t-elle en marchant.

Provisoirement fermée pour travaux. Mais pas d’ouvriers en vue. Bientôt.
Provisoirement fermée pour travaux. Mais pas d’ouvriers en vue. Bientôt.
Photo J.-L.G

En arrivant au cloître, accessible par l’intérieur de la cathédrale, sa surprise et sa déception furent grandes en découvrant que ce lieu paisible de recueillement et de repos était interdit d’accès “pour travaux.” C’est l’information qui est communiquée aux visiteurs se heurtant à une grille infranchissable. Un couple s’en approche à son tour. Devant la grille, l’homme murmure à sa femme en s’étonnant : “Des travaux, quels travaux ? Il n’y a pas d’ouvriers.”

La préfète du Lot apporte son éclairage

Les lieux de culte et les édifices patrimoniaux, comme la cathédrale de Cahors, relèvent de la compétence de l’État. Vierge de toutes explications de la part de la ville, qui nous a assuré par la voix de l’élu local Serge Munté, “ne pas être informée de la nature des travaux prévus”, nous nous orientons tout naturellement vers la préfecture du Lot. Et la lumière fut ! L’éclairage attendu a été apporté par Claire Raulin, préfète du Lot.

Claire Raulin, préfète du Lot, livre ses explications limpides.
Claire Raulin, préfète du Lot, livre ses explications limpides.
Photo M.S

80 000 € consacrés chaque année à l’entretien de l’Ensemble cathédrale

“Les services de l’État ont en charge la conservation de tels édifices, comme l’Ensemble cathédrale de Cahors. Nous devons en assurer l’entretien courant et les éventuels travaux. Chaque année, environ 80 000 € sont consacrés par l’État pour cet édifice religieux à Cahors. La restauration de l’archidiaconé a été le dernier gros chantier réalisé ici. Désormais, nous nous appliquons à la poursuite de la mise en sécurité de tout l’Ensemble cathédrale, dont le cloître” détaille Claire Raulin.

Aucun risque d’effondrement des murs du cloître

La préfète du Lot rassure très vite les Lotois et les touristes en faisant taire la rumeur persistante laissant imaginer des menaces d’effondrement d’une partie des murs du cloître. “Il n’y a aucun risque de cette nature. Nous nous inscrivons réellement dans une démarche de protection optimale de ce lieu contre le feu, au vu des incendies qui ont frappé Notre-Dame de Paris et la cathédrale de Nantes.”

Une découverte du cloître très frustrante. Patience.
Une découverte du cloître très frustrante. Patience.
Photo J.-L.G

“Par conséquent, un vaste plan de renforcement de la sécurité incendie est déployé par l’État pour toutes les cathédrales de France. À Cahors, nous concentrons notre travail sur la complexité du cloître” poursuit la représentante de l’État dans le Lot.

L’obligation de respecter des nouvelles normes en matière de protection contre les incendies

Ce très beau cloître est entouré de bois (charpentes) et de végétations hautement inflammables. Outre les protections matérielles à mettre en œuvre, les services de l’État étudient également le plan d’évacuation de ce lieu en cas d’incendie.

Le cloître se devine. On en voit les contours et sa quiétude.
Le cloître se devine. On en voit les contours et sa quiétude.
Photo J.-L.G

“Nous devons faire face à un double enjeu : la protection des bâtiments et la sécurité des personnes. Ce travail lancé dans la cathédrale doit répondre aux nouvelles normes sécuritaires en matière d’incendies” reprend la préfète.

Les conditions de protection des biens et des personnes “pas assez satisfaisantes”

Quid de la nature précise des travaux, du début et de la durée de ceux-ci ? Pour l’instant, place à l’étude, aux expertises et à la protection du public en ces temps de sécheresse où, si un incendie devait se déclencher, les conditions actuelles de protection des biens et des personnes ne seraient “pas assez satisfaisantes” aux yeux de l’État. En résumé, on ferme pour prévenir et protéger.

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Qu’est-ce qui cloche vraiment ? Trop tôt pour le dire. La cathédrale de Cahors n’en est pas à son premier mystère et va continuer à entretenir la foi chrétienne autour de la Sainte Coiffe du Christ. Cette relique a été au centre de nombreux débats et controverses entre celui qui croit et celui qui doute. Dans le cas présent, il faut croire l’État… et patienter.

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