August 22, 2025

Vendanges 2025 : "Ce n’est pas seulement une question de prix"… la qualité pourra-t-elle booster un marché en panne ?

l’essentiel
Les vignerons du Gers affrontent une conjoncture commerciale morose, marquée par des stocks persistants et une demande atone, sans certitude sur l’avenir.

Si les vignerons du Gers abordent les vendanges 2025 avec confiance quant à la qualité des raisins, la situation commerciale reste fragile.

À Fourcès, Jean-Marie Terraube le dit sans détour : “Cela fait quatre récoltes que nous connaissons des rendements bas, mais malgré cette rareté, le marché ne suit pas.” Il constate encore la présence de lots des millésimes 2023 et 2024 dans certaines caves, signe d’un ralentissement de la consommation.

Pour ce producteur indépendant, la diversification des débouchés reste vitale : environ 20 % des ventes passent en direct au domaine, autant lors des salons, le reste via les cavistes et restaurateurs, la vente en vrac auprès de négociants fidèles. “La vente directe nous aide à fidéliser une clientèle, notamment grâce aux salons des vignerons indépendants. Cela permet de renouveler sans cesse le public et de garder un lien fort avec les consommateurs”, explique-t-il.

“Attendre la prochaine mêlée, comme au rugby”

À l’échelle de la coopérative Plaimont, le constat est similaire. “Même avec de petites récoltes, la demande du marché ne redémarre pas franchement”, observe Nadine Raymond. “Ce n’est pas seulement une question de prix, c’est la demande elle-même qui ralentit. Il faut de la qualité pour valoriser les lots aromatiques et tirer les prix vers le haut.” La conjoncture économique – baisse du pouvoir d’achat, recul général de la consommation de vin, pression fiscale et réglementaire – accentue les difficultés.

Reste la résilience des vignerons gascons. “Il faut courber l’échine, attendre la prochaine mêlée, comme au rugby”, philosophe Jean-Marie Terraube. Mais la vigilance reste de mise : sans reprise nette de la demande, même des millésimes de qualité peinent à redonner de l’oxygène aux exploitations. “On a la chance d’être sur des structures relativement solides, glisse Nadine Raymond, mais la résilience, elle ne dure qu’un temps.”

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