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Le Nouvel Obs avec AFP
Les voitures européennes qui entreront sur le territoire américain seront taxées à 15 %. PHILIP FONG / AFP
Les voitures et produits pharmaceutiques européens seront taxés à 15 % à leur entrée aux Etats-Unis, selon un communiqué commun publié, jeudi 21 août, par l’Union européenne (UE) et l’administration du président américain, Donald Trump. Aucune exemption pour les vins et spiritueux n’est prévue.
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« Malheureusement, nous n’avons pas réussi à ce que ce secteur » soit inclus dans les exemptions, a déclaré, depuis Bruxelles, le commissaire européen au commerce, Maros Sefcovic, au grand regret de la filière. Le responsable a ajouté que les discussions se poursuivraient et que « ces portes n’étaient pas fermées pour toujours », tout en affirmant ne pas vouloir faire de « fausses promesses » pour le secteur. « Je ne veux pas dire que cela sera facile ou que ça aura lieu la semaine prochaine », a affirmé celui qui est chargé de négocier cet accord avec l’administration de Donald Trump, au nom des 27 Etats membres de l’UE.
Cette exemption aux droits de douane de 15 % pour les vins et spiritueux était vivement réclamée, en particulier en France et en Italie. Le ministre français délégué au Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, s’est d’ailleurs engagé à travailler à des « exemptions additionnelles » pour le secteur. « L’histoire n’est pas finie », a-t-il assuré.
La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux français a, quant à elle, fait part de son « immense déception », prédisant de « grosses difficultés » pour la filière. « C’est une mauvaise nouvelle parce que c’est un frein supplémentaire au commerce et à l’exportation des vins de Bordeaux aux Etats-Unis » – qui représentent de loin leur premier marché –, a renchéri, auprès de l’AFP, Christophe Chateau, du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux.
Un moindre mal
Après des mois de négociations très âpres, Bruxelles et Washington ont scellé, le 28 juillet, un accord commercial basé sur des droits de douane de 15 % sur les produits européens qui arrivent aux Etats-Unis. C’est bien plus que le taux en vigueur avant le retour au pouvoir du président américain, autour de 4,8 %. Mais cela reste moins que ce que le milliardaire républicain menaçait d’imposer au Vieux Continent, faute d’accord – un droit de douane plancher supplémentaire de 10 %.
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Concernant le calendrier d’application de ces droits de douane de 15 % sur les voitures, contre 27,5 % actuellement, le commissaire européen s’est dit confiant dans le fait qu’ils seraient appliqués rétroactivement au 1er août. Il affirme avoir reçu des assurances des Américains en ce sens. Le texte commun précise, en effet, que les 15 % rentreront en vigueur lorsque l’UE aura introduit un texte de loi pour réduire ses propres taxes douanières. « Nous travaillons avec détermination pour lancer le processus législatif » aussi rapidement que possible, a souligné Maros Sefcovic.
« Prévisibilité » pour entreprises et consommateurs
Dans un court message posté sur X, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a évoqué, elle, un texte qui offre « prévisibilité pour nos entreprises et nos consommateurs ». Le Premier ministre irlandais, Micheal Martin, s’est lui réjoui de « la clarté » apportée par la déclaration commune et tout particulièrement du fait que le secteur pharmaceutique, qui représente la moitié des exportations du pays et emploie 50 000 personnes, se verra bien appliquer la taxe plafond de 15 %.
Cet accord, noué entre la cheffe de l’exécutif européen et Donald Trump en Ecosse, a été très critiqué par plusieurs autres Etats membres et industriels européens. L’UE rétorque qu’il s’agit du meilleur accord qu’elle pouvait obtenir, face aux menaces commerciales du président américain.