August 20, 2025

"Si c’est à cause du réchauffement climatique, c’est grave ! " : des centaines de poissons retrouvés morts dans un lac au sud de Toulouse

l’essentiel
Le réchauffement climatique, lié à la récente canicule, serait responsable de l’étouffement de centaines de poissons repêchés morts au lac du Cap-Vert de Cintegabelle, au sud de Toulouse.

« Ça fait mal au ventre, si c’est à cause du réchauffement climatique, c’est vraiment grave ! » Triste, André, comme l’ensemble des pratiquants de la société locale de pêche, devant le géant tas de poissons morts qui prend place en contre-haut du lac du Cap-Vert, à l’ouest de Cintegabelle. Les allers venues d’engin se succèdent encore en ce mercredi midi pour venir décharger sur ce tas immonde toujours plus de cadavres de poissons retrouvés un peu partout sur le lac : des carpes, des sandres, des truites et même un silure d’1 m 80. Tous sont consternés par le spectacle, on parle de centaines de poissons morts depuis dimanche soir dernier, sans que personne n’ait la véritable cause de ce désastre.
Présente sur les lieux, Monique Courbières n’y va pas par quatre chemins : « Il y a eu un changement climatique exceptionnel lié à la canicule que l’on vient de connaître. » Selon la maire de Cintegabelle, la météo serait donc responsable de la mort des poissons avec ce schéma tristement logique : la température de l’eau du lac augmente sous l’effet de la canicule, puis le niveau de l’eau baisse par évaporation, entraînant une nouvelle augmentation de la température de l’eau, le taux d’oxygène s’amenuisant et empêchant peu à peu les poissons de respirer. « Oui, les plus fragiles n’ont pas résisté », affirme un connaisseur de la faune. Qui indique que le même phénomène pourrait toucher les plans d’eau voisins.

Une enquête en cours

Déployé sur moins de 20 hectares, mais bien moins si l’on tient compte d’une ferme photovoltaïque flottante installée sur ses eaux depuis deux années, le lac du Cap-Vert, aux rares zones d’ombre, a-t-il connu un réchauffement fulgurant en fin de semaine dernière avec les 40 degrés en journée ? Ce mercredi midi, après pourtant une nuit pluvieuse et une nette baisse des températures, l’eau affichait encore 24 degrés. Quant à l’éventuelle promiscuité des poissons, en grand nombre dans ce lac (pointé plusieurs du doigt par le CNRS dans ses rapports), le grignotage de la surface par les panneaux photovoltaïques ne poserait aucun problème, tout au contraire puisque les poissons s’y réfugieraient au-dessous en cas de très fortes chaleurs (on y enregistre environ 2 à 3 degrés de moins). « Oui, mais les panneaux font aussi de l’ombre sous l’eau, et la vie ne peut s’y dérouler normalement », glisse un pêcheur habitué des lieux.
Toujours est-il qu’une enquête a été ouverte, confiée aux militaires de la compagnie de gendarmerie de Villefranche-de-Lauragais. Le secteur sera passé au peigne fin, étant entendu que des prélèvements ont déjà été effectués, aussi bien dans les eaux du lac que sur les poissons eux-mêmes, dont on ne peut penser qu’ils aient été victimes d’une quelconque intoxication. « Non, quand il fait trop chaud sur un espace réduit, on manque d’air et on finit par s’étouffer », lâche Cérone, l’un de ceux venus prêter main-forte pour le nettoyage si désolant du lac du Cap-Vert.

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