August 20, 2025

TEMOIGNAGE. Airbags Takata : "Quand je pense que mon petit-fils était dans la voiture…" le dispositif explose sans raison, une famille sous le choc

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Un trajet banal en famille a tourné à la frayeur sur la route entre Carcassonne et Castres. Sans choc, l’airbag passager d’une Polo Volkswagen a soudain explosé. Depuis, une famille carcassonnaise se bat pour comprendre et obtenir des réponses.

Myriam n’en revient toujours pas. Cette aide-soignante de 48 ans, installée à Carcassonne (Aude), raconte avec colère et lassitude l’épisode qui a bouleversé le quotidien de toute sa famille.

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Le 4 juillet dernier, son fils monte à bord de sa Polo Volkswagen avec sa compagne et son fils en direction de Castres (Tarn), quand tout à coup son airbag passager explose. “Ça a fait un bruit de sifflement puis une grosse explosion. Il n’y a eu aucun choc, il a explosé tout seul”, raconte-t-elle. Si le drame a été évité, sa belle-fille n’en sort pas indemne : “Elle a dû porter une minerve et mon petit-fils est traumatisé”, souffle Myriam.

Depuis plusieurs années, le scandale des airbags Takata fait trembler l’industrie automobile. Le fabricant japonais a été au cœur du plus grand rappel mondial de véhicules, après la découverte d’airbags conducteurs défectueux susceptibles d’exploser et de projeter des éclats métalliques. Des millions de voitures, toutes marques confondues, ont été concernées et douze personnes sont décédées.

“C’était bien un airbag TAKATA”

Après l’explosion, la Polo est d’abord remorquée dans un garage à Revel (Haute-Garonne). Mais le garagiste se déclare incompétent et renvoie la famille vers la concession Volkswagen de Carcassonne. “On m’a dit : vous pouvez prendre la route, il n’y a plus de risque. J’ai parcouru 53 km avec un airbag manquant et sans savoir si celui du conducteur pouvait lui aussi exploser”, raconte l’aide soignante.

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Le concessionnaire affirme alors qu’un voyant défaut airbag s’était allumé le 15 mai à 18h18, un peu moins de deux mois avant que l’airbag n’explose. “Nous, on n’a rien vu, rien n’était affiché”, assure-t-elle. Le lendemain, son fils a un simple accrochage à l’avant droit, réparé par un carrossier après expertise de l’assurance sans que l’airbag ne se déclenche. Depuis, Volkswagen et l’assurance se renvoient la responsabilité : pour le constructeur, l’explosion serait liée à cet accident mineur, quand l’assurance estime qu’il s’agit bien d’un défaut d’airbag. “Peu importe si la réparation avait été mal faite : l’airbag doit se déclencher au moment du choc, pas un mois et demi après !” insiste-t-elle.

Pour trancher, un expert démonte le dispositif. Verdict : “C’était bien un airbag Takata mais notre véhicule n’a jamais fait l’objet d’un rappel”, s’indigne Myriam. Reste que le constructeur refuse toute prise en charge. Résultat, la voiture est immobilisée depuis des semaines, abandonnée sur la place de parking de sa propriétaire.

“On est abandonné”

Une situation qui complique lourdement leur quotidien. Myriam et son fils travaillent tous deux comme aides soignants à domicile. “On a besoin chacun d’un véhicule pour nos tournées”, explique-t-elle. Faute de solution, la famille a dû louer. “360 € la semaine, avec 900 € de caution. On ne peut pas tenir longtemps ainsi”, s’agace-t-elle. Mais pour l’aide soignante, au-delà de l’aspect financier, c’est le silence des autorités et du constructeur qui la choque le plus. “J’ai saisi Volkswagen France, le ministère des Transports, mon assureur… mais personne ne prend ses responsabilités. On nous fait passer pour les responsables alors qu’on est victimes. On est pris en otage”, conclut-elle.

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Celle qui a rejoint le collectif des victimes Takata, assure que le groupe Volkswagen “veut étouffer l’affaire” car s’ils reconnaissent une défaillance “combien de véhicules seront concernés derrière ?” s’interroge-t-elle. Au-delà des démarches, reste une peur persistante. “Quand je pense que mon petit-fils était dans la voiture… Il aurait pu y avoir un sur-accident. Et si je n’agis pas, ça arrivera à d’autres et je ne veux pas que ça arrive, on ne lâchera pas”, prévient-elle.

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