Lors de sa visite en Andorre ce lundi 27 avril 2026, Emmanuel Macron est apparu avec un collier doré. Loin d’un symbole ostentatoire, cet insigne protocolaire rappelle son rôle de coprince de la principauté, hérité d’une tradition politique remontant au XIIIe siècle.
À sa descente d’hélicoptère, ce lundi 27 avril 2026, en Andorre, un détail n’a pas échappé aux observateurs : Emmanuel Macron apparaît brièvement paré d’un collier doré, qu’il ajuste rapidement avant d’aller saluer le chef du gouvernement andorran. Loin d’un accessoire ostentatoire, ce bijou protocolaire renvoie à une fonction méconnue du chef de l’État français : celle de coprince d’Andorre.
Ce titre, qu’il partage avec l’évêque d’Urgell, Josep-Lluís Serrano Pentinat, s’inscrit dans une tradition séculaire. Depuis 1278, la France exerce en effet une forme de “cosuzeraineté” sur la principauté pyrénéenne. Ainsi, depuis son entrée en fonction le 14 mai 2017, Emmanuel Macron est, ex officio, coprince d’Andorre, au même titre que son homologue épiscopal.

Portrait officiel de coprince
Cette particularité institutionnelle se reflète jusque dans la représentation officielle du président français. Emmanuel Macron se distingue de ses prédécesseurs en étant le seul à disposer d’un portrait spécifique lié à cette fonction. Sur ce cliché, il pose aux côtés du drapeau andorran — bleu, jaune et rouge — arborant précisément ce collier de coprince.
L’histoire de cette double souveraineté se lit également dans les armoiries de la principauté.
Le blason d’Andorre est traditionnellement divisé en quatre quartiers, chacun symbolisant les héritages des deux coprinces. On y retrouve notamment les insignes de l’épiscopat — mitre et crosse sur fond rouge — associés à La Seu d’Urgell, mais aussi les armes de l’ancien comté de Foix, aujourd’hui en Ariège. S’y ajoutent celles de la principauté de Catalogne et de l’ancienne vicomté du Béarn, située dans les Pyrénées-Atlantiques, reconnaissable à ses deux vaches emblématiques.
Une dotation de plus de 350 000 euros
Ce système politique repose sur un compromis remontant au XIIIe siècle, perpétué jusqu’à aujourd’hui. La Constitution andorrane de 1993 précise d’ailleurs que les coprinces disposent d’une dotation destinée au fonctionnement de leurs services, le montant s’élève à 353 753,88 euros. Les visites présidentielles françaises dans la principauté s’inscrivent, elles aussi, dans cette continuité historique. C’est Charles de Gaulle qui, en 1967, fut le premier chef de l’État à se rendre à Andorre-la-Vieille.
Depuis, tous ses successeurs, à l’exception de Georges Pompidou, ont perpétué cette tradition, rappelant à chaque visite le lien singulier qui unit la France à la principauté.

