Le scénario est tristement classique : un appel, une signature précipitée et une facture astronomique. Mais dans le pays aspétois, l’histoire d’Anne finit bien. En révélant les coulisses de son calvaire financier pour des panneaux solaires inutiles, cette habitante de Couret met en garde contre les méthodes de vente agressives et souligne le rôle crucial des bénévoles de la Copec dans sa délivrance.
Belle agitation en fin de semaine dernière à Couret, petit village paisible en pays aspétois, au sud de Toulouse. L’entreprise qui avait installé les panneaux photovoltaïques sur le toit d’Anne Torregrosa a dû procéder à leur désinstallation.
L’histoire est tristement classique et commence par un démarchage téléphonique… convaincant – d’autres diraient “agressif”. Anne vit seule, elle a répondu au démarcheur parisien et a finalement mis le doigt dans l’engrenage : elle s’est engagée pour un chantier de sept panneaux. Coût de l’opération : 25 000 €.
Le piège du démarchage : 25 000 € pour sept panneaux
Certes, sa petite retraite de 1 000 € par mois ne lui permet pas un tel investissement, mais ce n’est pas grave, elle paiera plus tard, à crédit (250 € par mois). Le toit en tôle initialement prévu pour recevoir l’installation ne convenait pourtant pas ; qu’à cela ne tienne, l’installation a pu se faire à côté… sur la toiture orientée au nord. Aucun obstacle, rien ne peut arrêter ce projet – projet qu’Anne n’avait pas sollicité.
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“Une fois que vous dites oui, ça va très vite”, commente la dame. “Un gars vient vous voir à la maison, avec plein de papiers à signer. Il est pressé, on n’a pas le temps de tout lire… Et le lendemain, les installateurs sont déjà là pour poser les panneaux.”
Le rôle de la Copec : démasquer une surfacturation par trois
Arrivé en renfort aux côtés d’Anne, Jean-Marie Laffont a trouvé surprenantes cette rapidité d’exécution, cette installation au nord…
Pas de chance pour l’entreprise, l’ami de la dame était bien informé : il avait lu dans La Dépêche du Midi un article consacré à la Copec – l’association Comminges Pyrénées Énergie Citoyenne. Ses bénévoles informent gracieusement les Commingeois sur la production d’énergies renouvelables décarbonées.
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Parmi ces passionnés qui s’attachent à dénoncer les pratiques frauduleuses et à aider les victimes de démarchages abusifs, Denis Jay a été invité à rencontrer Anne.
Dénonciation et démontage : la fin du cauchemar sous constat d’huissier
Son constat est sans appel : la pose des sept panneaux, facturée 25 000 €, “aurait coûté moins de 8 500 € (trois fois moins !) si elle avait fait appel à un installateur local”. Quant à la production estimée, elle est extrêmement basse (puisqu’orientée au nord) et lui aurait rapporté “moins de 200 € par an”.
Avec l’aide de la Copec, Anne Torregrosa est parvenue à dénoncer le contrat avant la fin du délai de rétractation. En conséquence, l’entreprise a dû engager des sous-traitants pour démonter l’installation.
L’opération s’est déroulée dans de bonnes conditions, mais a tout de même été interrompue par l’appel d’un commercial de l’entreprise. Confrontée au ton vindicatif de son interlocuteur, Anne lui a passé l’huissier de justice présent sur place pour constater la désinstallation. C’est lui qui a mis fin à la conversation, en même temps qu’à l’arnaque.
L’aide de la Copec est gratuite
La “CoPEC” (Comminges Pyrénées Énergie Citoyenne) est une association créée en 2024, pour informer ceux qui désirent s’équiper de panneaux solaires, proposer des solutions pour gérer les surplus de production et apporter de l’aide en cas de doute sur une installation.
L’association a contribué à la réalisation de 7 installations photovoltaïques en 2025 (11 depuis 2024). Dans ce cadre, la Copec propose une visite sur place pour donner un avis, une présence lors de la venue des entreprises, un conseil économique et une information sur les prestataires locaux.
Cette aide est gratuite et il est simplement demandé, a posteriori, d’adhérer à la Copec (10 €), de faire un don libre et de partager des données techniques.
L’association a également aidé plusieurs propriétaires à se dépêtrer d’installations ou de contrats frauduleux : Anne l’a constaté avec plaisir.

