Les vacances d’une famille ariégeoise et haut-garonnaise ont viré au cauchemar au Sri-Lanka, dans le sillage du conflit au Moyen-Orient. Vols annulés, prix envolés, plus de 11 000 euros dépensés pour rentrer…. Corélia et ses proches se sont sentis abandonnés par leur compagnie aérienne et la France.
Ce voyage, Corélia Pratx et sa famille l’attendaient depuis longtemps. Mais ce qui devait être des vacances de rêve au Sri Lanka s’est transformé en parcours du combattant pour rentrer en France.
La famille, composée de six personnes (quatre adultes et deux adolescentes de 14 ans) vit entre l’Ariège et la Haute-Garonne, à Pamiers et à Grépiac précisément. Ces naturalistes passionnés d’ornithologie avaient choisi ce pays insulaire pour observer les oiseaux et les éléphants. “Et puis notre tante est Sri-lankaise, elle nous répétait depuis des années d’aller découvrir son pays natal”, relate pour La Dépêche du Midi Corélia Pratx.
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“S’il y avait eu la moindre alerte claire, jamais nous ne serions partis”
Les billets d’avion avaient été réservés près d’un an à l’avance, au départ de Barcelone, faute de tarifs accessibles depuis Toulouse. “On avait choisi Qatar Airways parce que la compagnie était réputée être “la meilleure du monde”. On avait aussi pris un vol plus cher avec une seule escale à Doha car nous ne sommes pas très rassurés en avion, alors on voulait éviter de multiplier les décollages.”
Le séjour commence sous les meilleurs auspices et pendant une semaine, la famille profite de son séjour. Puis la situation internationale se ternit au fur et à mesure : “On suivait l’actualité parce qu’il y avait des tensions mais on n’imaginait pas que ça se déclencherait à ce moment-là. S’il y avait eu la moindre alerte claire, jamais nous ne serions partis”, affirme l’Ariégeoise.
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Les vols sont annulés les uns après les autres. Deux jours avant leur retour en France, le leur n’échappe pas à la règle. “On a envoyé des mails à la compagnie, mais les réponses arrivaient plusieurs jours après et sans solution concrète. On était dans le doute complet.”
Un sentiment d’abandon
La famille s’inscrit sur le Fil d’Ariane du ministère des Affaires étrangères, contacte son assurance voyage, ses assurances personnelles. “On avait l’impression que c’était ‘signalez-vous puis débrouillez-vous’. Les assurances nous ont dit que ce type de situation n’était pas couvert”, souffle Corélia. Pendant plusieurs jours, la famille tente de trouver des solutions mais les billets disponibles se raréfient et les prix flambent. “On voyait les dates de retour s’éloigner et les prix augmenter. Il y avait une forme de spéculation autour du malheur des gens.”
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Parmi les adultes, deux sont enseignants. La rentrée scolaire approche et leur absence commence à poser problème. “Pour la classe de CM2 ils ont trouvé un remplacement, mais pas au collège. Les filles sont en troisième et elles étaient très stressées à l’idée d’avoir tous les cours à rattraper.”
Des billets à prix exorbitants
Dix jours après leur date de retour initiale, la famille finit par trouver un vol disponible pour la somme de 2 000 euros par personne… Les proches de Corélia se résignent à les prendre mais là encore, un énième problème arrive. “Les plafonds de nos cartes bancaires sont dépassés. Nous payons donc trois fois deux places avec trois cartes bancaires différentes”. Et histoire de bien enfoncer le clou : seules deux places sont confirmées.
Après de nombreux appels et l’aide d’une proche en France, quatre membres de la famille obtiennent finalement ce vol. Les deux derniers trouveront un autre billet le lendemain. Leur retour sera donc étalé sur deux jours, les 16 et 17 mars, avec 23 heures de voyage, deux escales et une facture totale dépassant les 11 000 euros.
Le sentiment d’avoir été livrés à eux-mêmes
Corélia Pratx garde un sentiment amer de cette expérience, avec la sensation d’avoir été livrée à elle-même. “Les Sri-Lankais qu’on a rencontrés ont tout fait pour nous aider, nous proposant même un soutien financier alors qu’ils n’avaient déjà pas beaucoup de ressources”.
La famille espérait toutefois davantage de soutien de son pays : “On aurait aimé un peu plus d’accompagnement de notre pays, de nos assurances, et aussi de Qatar Airways soi-disant ‘meilleure compagnie aérienne du monde’. Elle n’est pas responsable de la situation, bien sûr, mais elle n’a rien fait pour rassurer ses clients.”

