Après la disparition de la SASP, la partie professionnelle du Stado TPR en dépôt de bilan, Michel Ridou président de l’Association qui regroupe toutes les catégories jeunes a accepté, pour la première fois, de répondre à quelques questions concernant l’avenir du club.
Malgré la disparition de la SASP, le club espère renaître grâce à de nouveaux soutiens et un projet sportif repensé.
Selon vous, quelles sont les raisons précises qui ont conduit au dépôt de bilan et comment voyez-vous l’avenir ?
La raison principale est le manque de trésorerie ce qui a entraîné les impôts à nous bloquer les comptes en janvier et de ce fait on n’a plus eu de rentrée d’argent car les subventions que nous devions percevoir et le partenariat que nous avions avec certaines entreprises ont été saisies. Le départ de Lionel Terré, les difficultés à trouver des sponsors vu la situation économique du département ne nous ont pas facilité la tâche. Peut-être que maintenant comme la SASP n’existe plus, certains reviendront nous soutenir en sachant qu’ils pourront défiscaliser 60 % de la somme qu’ils nous verseront. On compte aussi sur celui qui sera élu le prochain maire de Tarbes car au vu des annonces que les candidats ont faites et des aides qu’ils pensent nous apporter il y a des raisons d’espérer des jours meilleurs.
“Nos difficultés financières remontent à 20, 25 ans… “
Depuis quand les difficultés financières sont-elles connues ?
Nos difficultés financières remontent à 20, 25 ans… Mais jusqu’à la saison dernière on avait un président (Lionel Terré, NDLR) qui était capable de mettre la main au portefeuille pour éponger le déficit, ce qui n’a pas été le cas malheureusement cette fois.
Vous avez reçu durant la semaine chaque joueur professionnel. Est-ce qu’on peut en savoir un peu plus sur leur avenir ?
Ils vont bientôt être pris en charge par l’AGS (Assurance Garantie des Salaires). Nous les avons reçus individuellement, certains ont manifesté leur désir de rester au club, mais on ne pourra tous les conserver que si la plupart acceptent d’avoir un travail en dehors du rugby. Dans cette période très compliquée pour eux, il y en a plusieurs qui font des petits boulots pour joindre les deux bouts.
Concernant les jeunes, que va devenir le centre de formation qui faisait la jonction entre l’école de rugby et l’équipe professionnelle ?
Il va continuer sous une forme ou sous une autre. Soit on aura les moyens de le garder ou alors il deviendra une école de rugby labellisé. Le problème quand on descend en Nationale 2 ou Fédérale 1, c’est qu’on aura toujours le même cahier des charges mais nous n’aurons plus les aides de la FFR entre 45 000 et 50 000 euros, tout dépendra donc du budget que l’on aura la saison prochaine.
À quel niveau le club pourra-t-il repartir ?
Actuellement l’Association dispose de 800 000 à 900 000 euros de budget. D’ici 15 jours nous allons déposer un dossier auprès de la FFR avec un budget d’environ 1 200 000 euros pour essayer de repartir au mieux en Nationale 2 ou au pire, en Fédérale 1. Après ce sera fonction des finances dont on disposera mais je reste optimiste car plusieurs partenaires proches du club depuis longtemps sont prêts à mettre la main à la poche pour nous aider afin que le club perdure.
“On s’est fait piller par la Section Paloise”
Comment expliquez-vous la baisse des licenciés à Tarbes chez les jeunes ?
La première raison il y a une baisse des gamins qui veulent jouer au rugby, surtout au niveau des équipes cadets ; la preuve Lourdes s’est associée avec Argelès et Lous Maynats, L’entente des Coteaux avec les Gersois de Mirande Mielan Rabastens et l’école de rugby du Bals a même disparu. En plus on s’est fait piller par la Section Paloise, avec une dizaine de gamins qu’ils ont recrutée cette saison. De nombreux jeunes de toutes les écoles de rugby du département ont fait aussi le choix d’aller à Pau alors qu’avant ils venaient d’abord chez nous avant de tenter leur chance dans ce club de Top 14.
Quelles sont les raisons des difficultés rencontrées par les Crabos et les Alamercery dans leur championnat respectif ?
Après une saison où nos jeunes ont performé il y a donc eu un trou de génération chez les cadets ce qui nous a amenés à supprimer les Gaudermen pour renforcer les Alamercery mais malheureusement avec beaucoup de premières années les résultats n’ont pas été au rendez-vous, certains gamins se sont découragés ce qui explique qu’ils n’étaient que 20 sur la feuille de match samedi dernier. En ce qui concerne les Crabos, il n’y a pas de problèmes d’effectif mais c’est le départ de certains meneurs qui a affaibli cette équipe. Je pense toutefois qu’ils sont capables de ne pas finir dans les deux dernières places de la poule pour éviter la relégation en championnat de Nationale comme ça va être le cas pour les cadets. Avec l’apport de nos minimes qui performent en Super Challenge de France c’est peut-être un mal pour un bien pour les Alamercery de disputer la saison prochaine un Championnat moins huppé avec surtout des déplacements moins lointains.
Un nouveau projet sportif est-il en préparation ?
Il devrait y avoir un nouveau comité directeur avec un représentant de la mairie de Tarbes, du grand Tarbes, du conseil général et un président de l’association qui ne sera pas moi car j’ai décidé de moins m’investir désormais au sein du club.

