La culture des asperges blanches à Bétaille (Lot) bat son plein. Élodie et Julien Plazanet récoltent à la main entre deux et trois tonnes par an. La météo influence fortement la production, nécessitant une adaptation constante.
À Bétaille, dans le nord du Lot, la saison des asperges blanches est arrivée. Sur leur exploitation familiale, Élodie et son mari Julien Plazanet préparent les buttes de terre qui verront bientôt apparaître les premières pointes. La récolte ne dure que deux mois, de la fin mars à la fin mai. Une courte période intense, attendue chaque année par les amateurs de ce légume de printemps.
Un entretien minutieux
“Si le beau temps se maintient, les premières devraient sortir d’ici une dizaine de jours”, explique Élodie, 40 ans, installée sur la ferme depuis 2008. Originaire du village, elle a repris l’exploitation de son grand-père après ses études agricoles. Son mari Julien, 43 ans, l’a rejointe dix ans plus tard. Ensemble, ils cultivent asperges, pommes de terre et noix, tout en élevant des vaches allaitantes.

L’asperge est une culture particulière, qui s’inscrit dans le temps long. Contrairement à beaucoup de légumes, elle ne se replante pas chaque année. “Une aspergeraie reste en place une dizaine d’années”, explique l’agricultrice. Tout commence par la plantation de “griffes”, enfouies à près de 40 centimètres sous terre à la fin du printemps. Pendant tout l’été, la plante développe de grandes fanes vertes. Cette phase est essentielle : c’est à ce moment-là que la griffe constitue les réserves qui lui permettront de produire l’année suivante.
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Sur la parcelle, l’entretien est minutieux. Avant la pousse, un apport de fumier de bovins nourrit le sol et limite les mauvaises herbes. Les cultures reçoivent également un engrais organique à base de crin et de corne, rapidement assimilé par la plante. Durant l’été, les producteurs surveillent aussi les insectes susceptibles d’attaquer les jeunes plants. “Quand c’est nécessaire, on utilise du purin d’ortie ou un insecticide naturel à base de pyrèthre”, précise Élodie.
“On peut récolter près de 190 kg”
À l’automne, les fanes sèchent avec les premières gelées puis sont broyées. La parcelle reste nue pendant l’hiver. C’est à la fin de cette saison que commence une étape clé : le buttage. À l’aide d’une machine spécifique, la terre est ramenée en butte au-dessus des griffes. C’est dans cette épaisseur de terre que les asperges vont pousser. “Comme la tige ne voit pas la lumière, la photosynthèse est bloquée et elle reste blanche”, explique l’agricultrice.

Sur l’exploitation de Bétaille, cette culture occupe environ un demi-hectare et produit entre deux et trois tonnes d’asperges par an. Un volume relativement modeste, assumé par le couple qui travaille sans salarié. La récolte se fait entièrement à la main, chaque matin. Les producteurs arpentent les rangs, pliés au-dessus des buttes pour couper les tiges une à une. “C’est physique. On est courbés toute la matinée, mais la saison ne dure que deux mois”, sourit Élodie.
La météo joue un rôle déterminant. Quand les températures grimpent, les asperges poussent très vite. “Sur une période froide, on peut récolter 40 kg dans la journée. Avec un coup de chaleur, on peut monter à près de 190 kg”, explique la productrice. Une variation qui oblige à s’adapter en permanence pour écouler la production.
Une dizaine de producteurs seulement
Les asperges sont vendues directement à la ferme, dans les magasins de producteurs des Fermiers du Haut-Quercy ou dans quelques boutiques bio du secteur. Une partie est également écoulée auprès de groupements de particuliers, notamment vers Toulouse, qui commandent parfois de grandes quantités pour faire leurs conserves.

Dans le Lot, la production reste confidentielle. On compte seulement une dizaine de producteurs d’asperges. La culture demande en effet des terres légères et sableuses, que l’on trouve surtout en bord de rivière. “On est dans un bassin historique de production”, souligne Élodie.

