April 24, 2026

"C’est un peu la fin du conte de fées, mais ce fut ma plus belle expérience" : A la tête d’une boutique de jouets depuis neuf ans, Macha stoppe l’aventure

l’essentiel
C’est une belle histoire qui se termine en centre-ville de Tarbes avec la fermeture du magasin de jouets Le Joyeux Bazar, rue de Gonnes, qui avait pris la suite de Saute-Mouton, rue Brauhauban. Un saut dans l’inconnu pour Macha Claverie, après neuf années à “toujours s’amuser”. Moins ces derniers mois…

Comme un air d’insouciance qui ne flottera bientôt plus en cœur de ville. D’ici deux mois, la boutique de jouets Le Joyeux bazar ne comblera plus les têtes blondes de Tarbes et de Bigorre. Une aventure que Macha Dupeyroux Claverie avait débuté voilà neuf ans, quittant son poste de responsable de la communication à la mairie de Tarbes, pour créer son commerce et réaliser “un rêve”. Ce sera Saute-Mouton, rue Brauhauban. Avant de déménager six ans plus tard rue de Gonnes, dans une rue plus dynamique avec un local plus adapté.

Au Joyeux bazar, les jouets c’est une affaire de famille, autour de la cheffe Macha.
Au Joyeux bazar, les jouets c’est une affaire de famille, autour de la cheffe Macha.
DR

Mais neuf ans plus tard, Macha arrive au bout de l’histoire, préférant prévenir avant que les difficultés ne soient trop lourdes. “La baisse a été brutale après le covid. Je n’étais pas prête à me dire que ça ne pouvait plus marcher, avoue la commerçante toujours séduite par l’univers des enfants. Mais malheureusement, ce n’est pas pour toujours. J’ai tout essayé. Je ne vois pas ce que je pouvais faire de plus.” Elle ne peut que constater les mutations dans la façon de consommer. “L’achat de proximité reviendra. Mais là, c’est trop dur. Les gens sont dans l’abondance, préférant acheter en quantité à très bas prix, sans regard sur la conformité, l’origine, la qualité… Il y a aussi l’essor de la seconde main, voire de la fausse. Je n’ai quasi plus de retour en boutique. Les gens préfèrent revendre. Ça fait une nouvelle concurrence, à des prix où l’on ne peut rivaliser. Et puis il y a l’instantanéité des demandes auxquelles on ne peut pas toujours répondre, car commander réclame du temps.”

Pendant deux ans, Cécilia, apprentie, aura tenu la boutique Le Joyeux bazar aux côtés de Macha.
Pendant deux ans, Cécilia, apprentie, aura tenu la boutique Le Joyeux bazar aux côtés de Macha.
DR

Malgré la tristesse du moment et les incertitudes de demain, Macha conserve son sourire d’enfant. “Ça a été ma plus belle expérience. Je ne veux en garder que ça, ce côté humain. C’était comme un salon de thé. Les gens me parlaient mais ils passaient du temps à discuter entre eux. Et puis il y avait les enfants aussi, un univers que j’adore. J’avais l’impression de ne jamais travailler, mais de m’amuser. Ce n’était jamais contraignant de venir. Jusqu’ici, quand les gens rentraient dans la boutique, les problèmes restaient dehors. C’était magique. C’était moins vrai les derniers mois, où le climat était plus lourd.”

Liquidation du stock jusqu’au 25 juin

Macha ne part pas seule, avec déjà une pensée pour sa fidèle apprentie, Cécilia. Elle embarque aussi une de ses peluches Maïlou. “C’est une manufacture de peluche française avec qui je suis fière d’avoir travaillé. Cette marque s’est bien développée. Dans la famille, on l’a adopté, d’ailleurs mes enfants repartent avec un. Moi ce sera le lapin rose, en tant que princesse…”

Pour le reste du stock, Macha organise, à partir de ce samedi 25 avril, une grande liquidation, avec des produits de – 30 à – 60 % jusqu’au 25 juin, “pour que chaque enfant emporte un petit morceau de cette belle histoire”. L’occasion aussi de dire au revoir à ses clients, elle qui n’a pour l’heure pas de plan B. “J’ai reçu énormément de messages très touchants. Je remercie tous mes clients. Que chacun cherche à mieux consommer. Si l’on ne veut pas qu’il n’y ait plus rien en ville, il faut jouer le jeu. Pour moi, c’est la fin du conte de fées et je repars en citrouille, sourit-elle malgré tout. Ce sera compliqué désormais de retrouver quelque chose où je serais autant épanouie. Par contre, je sais que je n’ai plus peur…” Il reste, derrière les larmes, encore des étoiles plein les yeux de Macha et cette baguette magique qui attend juste à l’entrée de la boutique, comme un signe…

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