Dans les rues d’un quartier résidentiel de Téhéran, ce dimanche 8 mars. – / AFP
Si vous avez décroché de l’actualité ce week-end, voici les principales informations à retenir de ces samedi 7 et dimanche 8 mars.
Téhéran dans le noir, l’Iran attend son nouveau guide
Un air d’apocalypse : les habitants de Téhéran se sont réveillés ce dimanche 8 mars avec l’impression d’être encore en pleine nuit, une épaisse fumée noire qui se dégage de plusieurs dépôts pétroliers attaqués plongeant la capitale iranienne dans l’obscurité. Quatre dépôts de pétrole et un site logistique de produits pétroliers à Téhéran et ses environs ont été visés par des frappes, qui ont fait au moins six morts et une vingtaine de blessés, selon les autorités. C’est la première fois depuis le début du conflit qui embrase le Moyen-Orient que des infrastructures pétrolières en Iran sont ciblées. Selon le Croissant-Rouge iranien, « d’importantes quantités d’hydrocarbures toxiques, de soufre et d’oxydes d’azote » ont été libérés dans l’air. Les autorités ont appelé les habitants à rester à l’intérieur.
Le nouveau guide suprême a par ailleurs été choisi ce dimanche par l’Assemblée des experts, composée de membres du clergés élus au suffrage universel, qui n’a pas révélé son nom. Le futur leader spirituel remplacera Ali Khamenei, qui était au pouvoir depuis 1989 et a été tué au premier jour de la guerre le 28 février. Donald Trump a aussitôt prévenu que ce nouveau guide suprême « ne tiendra pas longtemps » sans son aval. Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a réaffirmé que le choix du successeur de l’ayatollah Ali Khamenei incombe au « peuple iranien » et à « personne d’autre ».
Macron à Chypre
Le président Emmanuel Macron se rendra ce lundi 9 mars à Chypre pour « témoigner la solidarité de la France » avec cet Etat de l’Union européenne, frappé la semaine dernière par des drones et des missiles en lien avec le conflit au Moyen-Orient, a annoncé l’Elysée. Emmanuel Macron rencontrera à Paphos le président chypriote Nikos Christodoulides ainsi que le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. « Il s’agira de renforcer avec nos partenaires européens la sécurité autour de Chypre et en Méditerranée orientale, en vue de contribuer à la désescalade dans la région », a déclaré la présidence française.
« Ce déplacement vise à témoigner la solidarité de la France avec Chypre, État membre de l’Union européenne avec qui nous avons un partenariat stratégique, et qui a été frappée, la semaine dernière, par plusieurs drones et tirs de missiles », a-t-elle ajouté. Le président français avait annoncé mardi dernier l’envoi au large de Chypre de la frégate Languedoc et de moyens anti-aériens. Plus largement, la France a dépêché dans la région d’importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles-de-Gaulle et un porte-hélicoptères. Mais elle insiste sur sa posture « strictement défensive » depuis le déclenchement le 28 février de la guerre par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran.
Trump menace encore Cuba
En pleine guerre en Iran, Donald Trump a officiellement lancé samedi avec plusieurs alliés d’Amérique latine une « coalition militaire » pour « éradiquer » les cartels, si besoin à coups de missiles, et refait des déclarations offensives sur Cuba. Il a assuré en Floride que l’île communiste, en proie à une grave crise économique et sociale, « vivait ses dernières heures » et déclaré qu’il allait « s’en occuper ». Le président américain a annoncé dans un discours « une toute nouvelle coalition pour éradiquer les cartels criminels qui infestent notre région ».
Douze dirigeants, pour certains adeptes enthousiastes de la rhétorique nationaliste du président américain, l’ont rejoint au Trump National Doral Golf à Miami pour ce sommet appelé « Bouclier des Amériques », dont le président argentin Javier Milei et le chef d’Etat du Salvador Nayib Bukele.
« Au moment où nous accomplissons une transformation historique au Venezuela, nous sommes aussi impatients de voir le grand changement qui va bientôt se produire à Cuba », a déclaré Donald Trump. « Ils veulent négocier, ils sont en train de négocier avec Marco [Rubio, le chef de la diplomatie américaine] et moi-même ».
Explosion à l’ambassade américaine à Oslo
L’ambassade des Etats-Unis à Oslo a été la cible, dans la nuit de ce dimanche 8 mars, d’une explosion n’ayant fait aucune victime et des « dégâts matériels mineurs », un possible « acte terroriste », a annoncé la police qui indique ne pas avoir identifié de suspects dans l’immédiat. « L’une des hypothèses est qu’il s’agit d’un acte terroriste, mais nous ne nous concentrons pas uniquement sur cette piste. Nous devons rester ouverts à la possibilité qu’il y ait d’autres causes », a indiqué Frode Larsen, chef de l’unité conjointe d’enquête et de renseignement de la police, à la chaîne publique NRK, en marge d’une conférence de presse.
La police recherche les auteurs, mais n’a « aucun suspect » dans l’immédiat, a-t-il poursuivi. Un « engin explosif » a endommagé l’entrée de la section consulaire de l’ambassade vers 1h du matin. Des images montrent des éclats de verre dans la neige devant l’entrée, ainsi que des fissures sur une épaisse porte vitrée et des traces noires au sol au pied de la porte.
Le Premier ministre Jonas Gahr Store a indiqué que la sécurité avait été renforcée sur « d’autres cibles américaines, israéliennes et également juives » en Norvège, tout en soulignant que « rien ne laisse penser que la situation soit dangereuse pour les habitants d’Oslo et du reste du pays ».
Marche du 8 mars : Gisèle Pélicot à Paris
En cette journée internationale des droits des femmes, des manifestations se sont élancées ce dimanche dans 150 lieux en France pour dénoncer les violences sexuelles et la montée du conservatisme. Gisèle Pelicot, victime des viols de dizaines d’hommes organisés par son ex-mari et devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles, et sa fille Caroline Darian ont rejoint les rangs de la Fondation des femmes au moment où le cortège parisien s’élançait à Paris, aux alentours de 14h30. « On ne lâchera rien ! », a lancé Gisèle Pelicot à la foule au départ de la marche, acclamée par les manifestants dont certains lui criaient « merci ».
A Bordeaux, Lille, Marseille, mais aussi Albi ou Alençon… Pour cette journée internationale des droits des femmes, la centaine d’associations organisatrices avait donné rendez-vous dans 150 lieux en France. Le collectif veut notamment alerter sur le « danger » que représente, selon lui, l’extrême droite pour les droits des femmes à l’approche des élections municipales (15 et 22 mars).
« Les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. Ils sont le fruit de combats de chaque instant, de conquêtes arrachées par le courage et d’une vigilance qui ne doit jamais faiblir », a écrit sur « X » le président Emmanuel Macron.

