April 24, 2026

"Quand je bois, je suis con" : elle menace d’appeler sa mère parce qu’il est ivre, il la frappe

l’essentiel
Les violences conjugales ont de nouveau conduit un homme devant le tribunal d’Auch, ce 23 avril. Récidiviste, il écope de huit mois de prison après avoir agressé sa compagne sous l’emprise de l’alcool. Récit.

C’est une infraction tristement banale qui a occupé le tribunal d’Auch ce 23 avril après-midi. Une affaire où l’alcool et la violence ont conduit Louis*, 39 ans, devant la barre.

Deux jours plus tôt, il passe sa soirée avec un ami, boit quelques verres et décide de rentrer retrouver sa compagne, avec qui il est en couple depuis huit mois, “l’amour de sa vie”, comme il le dira lui-même.

Il est environ 23 heures lorsqu’il débarque, ivre, chez elle à L’Isle-Jourdain. La jeune femme est dans la chambre, sa fille de 10 ans devant les dessins animés dans la pièce voisine. Une soirée ordinaire, en apparence.

Une dispute qui dégénère

Louis est dans la maison, mais son comportement trahit une consommation excessive d’alcool. Il taquine “gentiment” la fillette et sa compagne. Cette dernière s’agace, Louis devient virulent. Elle le menace d’appeler sa mère pour qu’elle vienne le chercher, une remarque de trop.

Le trentenaire voit rouge. “Il a commencé à m’insulter”, témoigne la jeune femme, qui était allongée sur son lit. Louis l’agrippe par la jambe, la fait tomber du lit, tente de lui arracher son smartphone et lui plaque la tête au sol.

À lire aussi :
“J’ai pété les plombs” : ivre, il frappe des inconnus et tente de sauter de la voiture des gendarmes après son interpellation

Dans la pièce voisine, la fillette de 10 ans a tout entendu. “J’ai entendu trois grands boums”, affirme-t-elle.

Louis sort de la chambre. La victime appelle les gendarmes, qui sont sur place en cinq minutes. En les apercevant, l’individu s’emporte aussitôt : “Tu ne m’as pas fait ça ?”, lance-t-il à la jeune femme. Et pour cause : il a un casier judiciaire, et il le sait. Interpellé, emmené au poste, il refuse le dépistage d’alcoolémie et continue d’insulter sa compagne.

La victime est entendue. “Il ne sait pas se gérer”, résume-t-elle sobrement. Elle revient sur un épisode survenu deux mois auparavant, lors duquel une dispute avait dégénéré : elle aurait alors giflé Louis, qui lui aurait rendu la pareille, sans contenir sa force

Un récidiviste face au juge

Lors de son audition, Louis conteste dans un premier temps les faits avant de finalement avouer les violences. “Quand je bois, je suis con.” Une formule lapidaire pour résumer une soirée qui lui coûtera cher.

À la barre, il peine à trouver ses mots et à comprendre certaines questions du tribunal. Il exprime des regrets, parfois avec émotion, laissant échapper quelques larmes. “Je m’excuse, je ne recommencerai plus.”

À lire aussi :
Matricide dans le Gers : deux ans après le drame familial, vers un procès devant la cour d’assises

Le tableau dressé par le tribunal est pourtant accablant. Père de trois enfants issus d’une précédente union, trois mentions au casier, déjà condamné pour violences conjugales sur son ex-compagne, Louis a déjà fait de la prison. Il en est ressorti en juillet 2025 sous libération conditionnelle, placé sous sursis probatoire. La prison le guettait au moindre écart. Cette fois, il n’y a pas échappé.

Le verdict est sévère mais sans surprise : six mois ferme, deux mois de sursis probatoire révoqué, et une interdiction de contact ou de paraître au domicile de la victime durant trois ans. Incarcération immédiate. Retour à Seysses, pour huit mois cette fois.

*Le prénom a été modifié. Le numéro de téléphone 3919, créé et piloté par la Fédération nationale Solidarité Femmes depuis plus de 30 ans, est destiné aux femmes victimes de tous types de violences sexistes. Gratuit et anonyme, il est accessible 24h/24 et 7j/7 et s’adresse également à l’entourage des victimes.

source

TAGS: