March 6, 2026

"Harcèlement sexuel", "détresse" et "mal-être" : les salariés de la Coordination Rurale tirent la sonnette d’alarme

l’essentiel
Un collectif de salariés du siège national de la Coordination Rurale, installé à Gimont dans le Gers, dénonce dans un nouveau communiqué une “dégradation alarmante des conditions de travail” et annonce saisir “les instances compétentes”. Le président du syndicat agricole, Bertrand Venteau, souhaite mettre en place un audit indépendant.

Rien ne va plus à la Coordination Rurale. Réunis en collectif, des salariés du siège national du syndicat agricole, basé à Gimont, dans le Gers, alertent dans un nouveau communiqué sur la dégradation de leurs conditions de travail. Ce courrier a été envoyé ce vendredi 6 mars à leur président Betrand Venteau, élu en novembre dernier à Auch, au comité directeur ainsi qu’à la directrice générale de la CR, Aurélie Armand.

Le collectif, qui précise saisir “les instances compétences”, indique que le premier courrier envoyé à la direction le 16 février est resté “sans réponse” malgré “la gravité des faits signalés et leurs conséquences directes sur la santé physique et mentale des collaborateurs”.

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Pour rappel, les employés listaient dans ce courrier une “série de dysfonctionnements structurels”, parmi lesquels “une incertitude persistante quant au maintien des emplois, une surcharge de travail devenue structurelle, un manque durable de moyens humains, une désorganisation récurrente des services, des directives instables, contradictoires ou modifiées sans justification, un climat de pression permanent, accompagné de violences verbales” et un comité social et économique “non conforme”.

Les cartons étaient déjà fait le mois dernier dans les locaux de Gimont, en vue du déménagement du siège national à Agen.
Les cartons étaient déjà fait le mois dernier dans les locaux de Gimont, en vue du déménagement du siège national à Agen.
DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE

Ce mois-ci, les employés ont donc envoyé un second courrier faisant état d’une “aggravation préoccupante de la situation”, marquée par notamment par “un cas de harcèlement sexuel imputable à un élu, susceptible de constituer une infraction pénale”, mais aussi “des tensions croissantes entre élus et collaborateurs, une désorganisation encore plus marquée” et “des directives changeantes et déstabilisantes”. “Ces éléments ont conduit à une dégradation manifeste de la santé des salariés, plusieurs d’entre eux présentaient alors des signes d’épuisement, de détresse et de mal-être”, conclut le communiqué.

“Je prendrai les mesures nécessaires”

Contacté ce vendredi, le président du syndicat confirme avoir reçu le courrier du collectif, “où il n’y a pas de nom ni de signature”. Il assure qu’une réponse sera apportée prochainement par la direction aux salariés. “Un cabinet d’audit totalement indépendant de la CR va également auditionner les salariés sur leur ressenti”, précise-t-il.

En ce qui concerne le “cas de harcèlement sexuel” mentionné par le collectif, Bertrand Venteau indique être au courant de la situation et évoque “des messages qui ont été envoyés avec des allusions” à une salariée. “Nous avons fait ce que nous devions par rapport au Code du travail et par rapport à la salariée pour la protéger. À partir de maintenant, c’est dans les mains de la salariée et de la justice”, souligne-t-il.

Pour le président du syndicat agricole, cette situation est “liée à l’ancienne équipe”, Bertrand Venteau ciblant notamment Véronique Le Floc’h, a qui il a succédé en novembre dernier, et Patrick Legras, ancien porte-parole de la CR.

Bertrand Venteau, président de la Coordination Rurale, le jour de son élection à Auch, en novembre dernier.
Bertrand Venteau, président de la Coordination Rurale, le jour de son élection à Auch, en novembre dernier.
DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE

Il réfute par ailleurs toute velléité de plan social suite au déménagement annoncé du siège social de la Coordination Rurale Nationale à Agen (Lot-et-Garonne), le syndicat ayant été jusque-là historiquement basé dans le Gers (à Auch puis Gimont). “On a une réorganisation immobilière qui est prévue et non pas un vaste plan social comme j’ai pu le lire, ce qui est une aberration. On n’aurait pas loué 200 m2 à Agen pour y mettre personne. La situation est sous contrôle”, soutient Bertrand Venteau.

Déterminé à “construire l’avenir de la CR” et “défendre des paysans dans toute la France avec des collaborateurs qui sont en phase avec nous”, le président du syndicat assure vouloir régler au plus vite cette crise en interne. “Je prendrai les mesures nécessaires pour que tout se passe bien et que tout le monde travaille dans une ambiance qui est normale. On va corriger les choses, rassurer, mettre en place ce qu’il faut”, conclut-il.

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