Une série de vols de carburant touche le Tarn-et-Garonne depuis plusieurs jours en ce mois de mars 2026. Engins agricoles et machines de chantier sont particulièrement visés, dans un contexte de hausse des prix à la pompe qui ravive les convoitises.
Dans les campagnes encore humides de la fin mars 2026, le jour se lève sur des machines immobiles. À première vue, rien ne semble avoir changé. Et pourtant, au moment de remettre en route un tracteur ou un engin de chantier, le constat est toujours le même : le réservoir est vide.

Depuis le week-end du printemps, le Tarn-et-Garonne fait face à une série de vols de carburant. Dans les brigades de gendarmerie du département, les plaintes se multiplient et dessinent une mécanique bien rodée. Les engins agricoles, souvent laissés en plein champ, comme les machines de chantier, apparaissent comme des cibles privilégiées.
Le mode opératoire se répète
Dans la nuit du 22 au 23 mars, cinq faits ont ainsi été recensés par les gendarmes. À Bioule, plusieurs réservoirs de tracteurs ont été siphonnés. À Montalzat, une centaine de litres de gasoil a été dérobée sur un engin de chantier. Même scénario à Asques, où une machine a été vidée de son carburant. À Castelferrus, ce sont encore des tracteurs qui ont été visés, avec une soixantaine de litres envolés. Enfin, à La Ville-Dieu-du-Temple, en plein centre du village, sur un chantier pourtant exposé, près de 100 litres ont disparu d’un engin.
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D’un site à l’autre, le mode opératoire se répète, laissant peu de traces visibles mais des exploitants et des professionnels contraints de composer avec ces déprédations à répétition.
Le litre de gasoil à plus de 2 euros
Sur le terrain, les investigations s’organisent. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes au sein des deux compagnies de gendarmerie. Les techniciens en identification criminelle de proximité (TICP) ont procédé à des constatations sur les lieux, à la recherche d’éventuelles traces biologiques ou d’indices que les auteurs auraient pu laisser derrière eux.
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Mais au-delà de ces faits isolés, c’est la tendance qui inquiète les autorités. Le phénomène de grivèlerie semble progresser à mesure que le prix des hydrocarbures augmente. Aujourd’hui, le litre de gasoil dépasse les 2 euros et s’établit autour de 2,10 € en moyenne sur le territoire national, des niveaux qui se rapprochent de ceux observés lors du pic de 2022 au début de la guerre en Ukraine.
Dans ce contexte, le carburant devient une ressource convoitée, facile à prélever et à écouler.
L’appel à la vigilance des autorités
Face à cette recrudescence, les gendarmes appellent à une vigilance accrue. Ils recommandent aux exploitants agricoles et aux responsables de chantiers de ne plus laisser leurs engins sans surveillance, notamment en pleine parcelle, et de privilégier autant que possible des zones de stationnement visibles, éclairées ou proches d’habitations. L’installation de dispositifs antivol sur les réservoirs est également encouragée, tout comme la limitation des quantités de carburant laissées dans les machines à l’arrêt.
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Les forces de l’ordre invitent par ailleurs à renforcer la surveillance des sites, y compris par des moyens de vidéoprotection lorsque cela est possible, et à signaler immédiatement tout comportement suspect.

