April 12, 2026

"On est devant le fait accompli" : quel est ce champignon qui inquiète les producteurs de fraises du Lot-et-Garonne ?

l’essentiel
Le champignon Pestalotiopsis, ou plus simplement Pestalo, s’attaque aux plants de fraises du Lot-et-Garonne. Le phénomène n’est pas encore d’ampleur, mais il inquiète déjà les producteurs du département.

Sur les étals des marchés du Lot-et-Garonne, leur présence rime avec le retour des beaux jours. Rouges, sucrées et charnues, les premières fraises de la saison garnissent les barquettes. Elles s’invitent dans les tartes et autres desserts gourmands. Mais derrière ce décor appétissant et champêtre, l’ambiance n’est pas tout à fait la même. Dans certaines serres du département, l’inquiétude est palpable. “Il y a des serres où c’est la cata”, confie une voix du secteur.

La raison ? Un dénommé “Pestalo” – Pestalotiopsis, de son nom complet. Il s’agit d’un champignon qui provoque des dégâts importants sur les fraises. Observé dans les années 1970 aux États-Unis, il a fait son apparition en France il y a quelques années, notamment dans le Sud-Est. Et malheureusement, pour la deuxième saison consécutive, le Lot-et-Garonne n’est pas épargné.

Les variétés italiennes touchées

Pour l’instant, seules les variétés italiennes sont concernées, comme la Cléry ou la Murano. Mais les connaissances sont restreintes. En réalité, il existe plusieurs formes de Pestalo, aux comportements encore mal cernés. Les spécialistes avancent donc avec prudence.

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que le champignon est souvent présent dans la plante. Il peut alors s’exprimer, ou non. Certaines conditions favorisent son apparition : “il faut un climat humide et des températures douces, comprises entre 15 et 25 degrés”, indique Hugo Chevalon, responsable technique de l’AOPn Fraises Framboises de France.

Plusieurs symptômes facilement visibles

Comment le reconnaître ? Sur le terrain, certains signes ne trompent pas. “Quand le plant se charge en fruits, les feuilles commencent à se cuivrer, poursuit le spécialiste. Le cœur de la fraise nécrose. Par la suite, le fruit se dessèche et le plant meurt.” Conséquence : le plant contaminé touche aussi ses voisins. Et, rapidement, un producteur peut perdre une partie de sa culture. Toutefois, les amateurs de fraises peuvent être rassurés : le Pestalo ne présente aucun danger pour la santé humaine. Les fruits issus de plants malades n’arrivent tout simplement pas jusqu’aux étals.

De son côté, la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne se veut rassurante. Dans le département, début avril, trois producteurs avaient une parcelle complètement touchée, sur plus d’un millier. Rien d’une épidémie de grande ampleur, donc. Malgré tout, chez les fraisiculteurs, la préoccupation règne. “Il y a pas mal d’appréhension et d’inquiétude, car c’est encore le début de la saison”, confie Hugo Chevalon.

Pas encore de traitement homologué en France

Car le problème, c’est l’absence d’une réponse immédiate. En France, à l’heure actuelle, aucun traitement pour lutter contre le Pestalo n’est homologué. “On doit s’appuyer sur une bibliographie étrangère, révèle Myriam Carmentran-Delias, chargée de mission fraises et fruits rouges à la chambre d’agriculture. Des tests sont en cours, mais les procédures prennent du temps.”

En attendant, pas de solution miracle. Pour limiter au maximum la propagation du champignon, il faut “arracher les plants malades et bien se désinfecter les mains pour ne pas risquer de contaminer les autres parcelles”, assure la spécialiste des fruits rouges à la chambre d’agriculture.

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