April 23, 2026

Corruption, prise illégale d’intérêts et favoritisme, l’affaire des 733 places du Mondial-2023 rattrape Claude Atcher et ravive l’un des dossiers les plus explosifs du rugby français

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Le Parquet national financier (PNF) envisage des poursuites contre Claude Atcher et Henri Mioch pour corruption et favoritisme autour de 733 places de la Coupe du monde 2023 attribuées à un ex-joueur de Béziers.

Le dossier des billets du Mondial-2023 revient au premier plan avec une note du Parquet national financier particulièrement sévère pour Claude Atcher, ancien directeur général du comité d’organisation, déjà fragilisé depuis l’ouverture d’une enquête en 2022 sur la gestion de France-2023. D’après les informations du journal L’Équipe, le PNF envisage désormais des poursuites, notamment pour corruption, prise illégale d’intérêts et favoritisme pour les 733 places acquises par Henri Mioch, ancien joueur de Béziers.

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Au cœur des soupçons, la billetterie grand public reposait sur le principe du “premier arrivé, premier servi” avec une limite de six billets par acheteur. Or, Henri Mioch a pu obtenir 733 places pour un montant approchant les 155 000 euros, selon les éléments de l’enquête. Pour les enquêteurs, un tel volume n’aurait pas pu être validé sans intervention au sommet de la chaîne décisionnelle.

Claude Atcher : “J’ai tous les pouvoirs”

Le dossier s’alourdit avec les écoutes et auditions versées à la procédure. Bernard Laporte, entendu dans l’enquête, rapporte qu’Atcher revendiquait un pouvoir sans partage, allant jusqu’à lancer : “Lis la convention constitutive (du GIP), j’ai tous les pouvoirs.” Plus accablant encore pour l’ancien patron du GIP, plusieurs témoignages internes décrivent un système où il était difficile de s’opposer à ses demandes, y compris sur la billetterie.

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Le second étage de la fusée est financier. Le PNF s’interroge sur plusieurs flux entre la société Harlequin’s, liée à Henri Mioch, et l’entourage de Claude Atcher. Par exemple, la société d’Henri Mioch aurait loué une villa que possède le couple Atcher pour un montant de 9 000 euros, une somme considérée par les enquêteurs comme “surévaluée”. De plus, la somme finalement versée à cet effet serait de 18 000 euros. Interrogé à ce sujet, Henri Mioch aurait répondu aux gendarmes : “Je ne l’explique pas.”

Claude Atcher nie en bloc d’après son avocat

Par la voix de son avocat, Claude Atcher “rejette avec la plus grande fermeté” les accusations et promet de répondre point par point dans le débat contradictoire : “Aucune des accusations portées ne résiste à l’examen des faits, des documents et du contexte décisionnel de l’organisation de la Coupe du monde.”

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Henri Mioch, lui, a soutenu avoir acheté ces places pour des proches, des fans et des clients, même si l’enquête soupçonne une possible revente dans le cadre d’”hospitalités sauvages”. Plus qu’un scandale de billetterie, l’affaire menace de devenir le symbole durable des dérives qui ont entouré l’organisation du Mondial-2023.

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