Donald Trump choisit-il ses frappes militaires comme il gérerait les marchés financiers ? Depuis plusieurs années, les opérations américaines semblent lancées presque systématiquement le week-end, une stratégie qui intrigue autant les analystes que les stratèges.
Donald Trump garde-t-il sa sensibilité d’homme d’affaires lorsqu’il commande les troupes américaines ? Le magnat américain aurait en effet la prétention de ne pas vouloir brusquer les bourses mondiales… C’est ce qui transparaît des dernières manœuvres militaires américaines en Iran : le locataire de la Maison Blanche semble déterminer à frapper uniquement le week-end, au lendemain de la clôture de Wall Street.
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Les premières frappes israélo-américaines sur l’Iran ont ainsi été observées samedi 28 février dernier. Même constat en ce qui concerne l’offensive qui avait été menée par les troupes américaines au Venezuela, visant à capturer le président Nicolas Maduro : la manœuvre avait été lancée dans la nuit du vendredi au samedi 3 janvier 2026.
Cette tendance reste particulièrement ancienne pour Donald Trump : elle avait été observée lors du premier mandat du président américain. Le chef d’État avait annoncé des frappes en Syrie le vendredi 7 avril 2017 et le vendredi 13 avril 2017 au soir… La mort du général iranien Qassem Soleimani, survenue entre jeudi 2 et le vendredi 3 janvier 2020, n’avait été annoncée qu’en toute fin de semaine par le président.
“Week-end Warrior”
Sur la toile, cette “stratégie” a valu au président américain le sobriquet de “Week-end-Warrior” (“Guerrier de la fin de semaine”). Cette tendance a-t-elle un impact concret sur les marchés financiers ? “En agissant alors que la Bourse est close, Donald Trump limite le risque de ventes massives dues à la panique”, commente Antoine Andreani, analyste senior chez XTB, auprès de nos confrères de 20 Minutes. Concrètement, le président des Etats-Unis soutient que des attaques réalisées en pleine semaine sont susceptibles de provoquer des ventes précipitées et irréfléchies de la part de certains acteurs du marché. “Le marché réagit moins vivement après deux nuits de sommeil”, décrit pour sa part Véronique Riches-Flores, spécialiste en prospective économique et financière internationale.
Mais le fait d’attaquer un pays un week-end peut présenter un avantage stratégique certain sur le plan militaire. Exemple lors de la “Guerre des 12 jours” : la dernière fois que les États-Unis avaient frappé la République islamique d’Iran, c’était le 22 juin 2025 – toujours un samedi – lors d’une opération baptisée “Midnight Hammer”. Le chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine, avait expliqué que l’opération avait été planifiée pour maintenir la “surprise tactique” et limiter les fuites. Pour Donald Trump, il s’agit en somme de prendre de court la diplomatie internationale et d’imposer sa propre lecture des évènements.

