Une quinzaine de militants anti-LGV ont envahi, jeudi soir, la salle où se tenait le conseil d’agglomération pour interpeller les élus sur ce projet à 14 milliards d’euros.
Jeudi soir, une quinzaine de militants anti-LGV pénètre, en silence, dans la salle des Illustres de la mairie d’Agen où se déroule le dernier conseil d’agglomération de la mandature. Clément Brandolin-Robert, impassible, continue à présenter les comptes financiers.

Un militant, vêtu d’une veste rouge, tente alors d’interpeller les élus : “Dans un contexte d’élections, il est surprenant que l’assemblée ne tienne pas compte de l’envahissement de la salle pour que les candidats prennent position sur ce projet qui mobilise 14 milliards d’euros”.
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Le président Jean Dionis, tout en conservant un sourire de circonstance, l’interrompt : “Monsieur, vous n’avez pas à prendre la parole, ce que vous faites est illégal”. Le président d’Agglo Agen insiste : “Vous perturbez une assemblée démocratique !”
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La séance s’est finalement poursuivie. La sollicitation d’un financement à hauteur de 150 000 € pour la réhabilitation de la ligne SNCF Agen-Auch était à l’ordre du jour. Tout comme la fixation de la redevance pour l’occupation du domaine privé de l’Agglomération d’Agen au profit de SNCF Réseau (100 000 € pour la phase des diagnostics et des études, puis 200 000 € lors du démarrage du chantier)… Ces deux délibérations ont été adoptées (*).
Une lettre ouverte
Dans un tract motivant son action, Stop LGV 47 estime que les trains légers ne sont pas adaptés à la ligne Agen-Auch. Le club TGV Gare d’Agen espère en effet expérimenter cette solution dès 2026. “Ces trains sont utiles pour réhabiliter des lignes de vingtaine de kilomètres maximum”, croit notamment savoir les anti-LGV.
Elle considère qu’il serait préférable d’engager des discussions avec la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) “afin d’établir un réseau ferroviaire solide capable de répondre réellement aux besoins du territoire”.
Elle ajoute vouloir du TER et du fret et martèle : “Le projet de réouverture doit être étudié indépendamment de la LGV”. Pour elle, l’urgence est à la rénovation et au maintien des lignes existantes.
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Dans une lettre ouverte aux élus, “Stop LGV 47” leur reproche “de rester sourds aux réelles préoccupations des administrés” et leur demande d’ajourner la décision de la fixation de la redevance. Un appel resté lettre morte.

