La flambée du prix du gazole non routier (GNR) provoque la colère des agriculteurs du Lot-et-Garonne. Le syndicat agricole JA 47 et FDSEA 47 a fait une demande de forage pétrolier symbolique en préfecture. Un moyen de dénoncer une fiscalité jugée étouffante pour le monde rural.

Face à la hausse continue du prix du gazole non routier (GNR), les Jeunes Agriculteurs (JA) et la FDSEA de Lot-et-Garonne ont choisi de réagir avec une initiative aussi symbolique que provocatrice. Dans un courrier adressé au préfet du département, les représentants des syndicats agricoles annoncent avoir sollicité l’autorisation de réaliser un forage pétrolier sur le territoire.
“Face à la hausse continue et particulièrement lucrative (pour certains) du prix du GNR, nous, JA et FDSEA 47, avons décidé de prendre les devants avec une solution innovante, locale et pleine de bon sens : trouver nous-mêmes du pétrole. Parce qu’en France on a des idées… Nous avons donc officiellement sollicité auprès du préfet de Lot-et-Garonne l’autorisation de réaliser un forage pétrolier sur le département. L’objectif est simple : produire notre propre carburant afin de continuer à faire tourner nos tracteurs et, accessoirement, continuer à remplir vos assiettes. Nous sommes bien conscients que cette demande peut surprendre. Elle est à la hauteur de la situation : aujourd’hui, faire un plein de tracteur relève déjà de l’exploration de ressources rares… les euros dans nos
trésos… Notre projet présente plusieurs avantages : la réduction immédiate de notre dépendance au GNR hors de prix, la relocalisation de la production d’énergie et surtout la diversification de nos productions : blé, maïs… et barils.”
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JA et FDSEA 47 ajoutent : “Dans le cas où aucun gisement ne serait découvert, nous envisagerons une alternative tout aussi crédible : revenir à la traction animale, avec un plan de relance massif du cheval de trait.”
“Aujourd’hui, l’État s’enrichit sur le dos des Français”
Une démarche volontairement décalée, destinée à alerter sur la situation économique jugée critique pour la profession. Derrière l’ironie (et la magnifique photo réalisée par IA montrant une installation de forage au milieu du rond-point du pont Camélat à Agen), les syndicats dénoncent une réalité préoccupante : le coût du carburant pèse de plus en plus lourd sur les exploitations agricoles, au point de fragiliser leur viabilité.
“Cette démarche se veut à l’image de la situation actuelle : absurde. Plusieurs pays européens ont d’ores et déjà agi en faveur d’une baisse des taxes et notamment de la TVA de plus de 10 % : Espagne, Italie, Grèce… En France ? 4 cts/L pour les agriculteurs, et plus largement 50 millions pour les routiers et 20 millions pour les professions libérales… c’est du foutage de gueule ! Aujourd’hui, l’État s’enrichit sur le dos des Français, nous demandons sans délai la suppression des taxes sur tous les carburants ! Les agriculteurs sont à sec, comme leurs trésoreries aujourd’hui et leurs cuves demain… Plus généralement, avec la hausse du prix du carburant, c’est tout le monde rural et son économie qui sont à l’agonie…”

