Maria Corina Machado, leader de l’opposition venezuelienne lors d’un discours à Houston au Etats-Unis le 24 mars 2026 RONALDO SCHEMIDT / AFP
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Depuis la capture de Nicolás Maduro le 3 janvier par l’armée américaine, Delcy Rodriguez est présidente du Venezuela par intérim. Jusqu’à quand ? La dirigeante de l’opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, a appelé mardi 14 avril à la convocation d’élections « dès que possible », dans un entretien à l’AFP au lendemain du rejet de cette demande par le ministre de l’Intérieur.
Des syndicats vénézuéliens ont également appelé à un rassemblement ce jeudi pour exiger la convocation d’élections. On fait le point.
• Que demande l’opposition ?
L’opposition vénézuélienne exige que la présidente par intérim Delcy Rodriguez appelle à l’organisation d’une élection présidentielle pour pallier la vacance du poste de président depuis l’enlèvement de Nicolás Maduro par les forces américaines.
« La Constitution vénézuélienne est très claire et stipule qu’en cas d’absence totale – et nul ne peut douter de l’absence totale de M. Nicolas Maduro – des élections doivent être convoquées dans les 30 jours », déclare Maria Corina Machado, ajoutant que ces élections doivent être convoquées « dès que possible ». Son parti, Vente, avait déjà appelé vendredi à la tenue d’élections mais cette demande a été rejetée lundi 13 avril par le puissant ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello. Maria Corina Machado a donc réitéré sa demande ce mardi durant un entretien à l’AFP.
Par ailleurs, Maria Corina Machado précise que convoquer des élections ne signifiait pas nécessairement les organiser immédiatement. L’opposante privilégie plutôt la reconstruction d’un véritable cadre électoral. Elle a ainsi proposé la désignation dans un premier temps d’un nouveau Conseil national électoral, composé de personnes sans « affiliation politique ». Elle demande aussi une mise à jour du registre électoral, car « 40 % des Vénézuéliens en âge de voter ne sont pas inscrits », notamment ceux ayant quitté le pays, a-t-elle estimé auprès de l’AFP.
« Tout cela prend du temps et nous estimons qu’il faut, à partir du moment où un nouveau Conseil national électoral est désigné, environ neuf mois pour mettre en place l’ensemble de ces actions », a détaillé la principale figure de l’opposition.
• Quelles sont les règles électorales ?
« Plus de 90 jours se sont écoulés depuis la destitution de Maduro, délai fixé par l’article 234 de la Constitution pour que l’Assemblée nationale se penche sur ce que tout le pays et la communauté internationale démocratique savent et constatent : l’existence d’une vacance totale à la présidence de la République », écrivait vendredi dans un communiqué le parti Vente. « Des élections présidentielles doivent être convoquées dans les 30 jours », est-il ajouté.
Cependant, selon le texte de la Loi fondamentale, l’Assemblée nationale peut proroger de 90 jours supplémentaires le mandat de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez. « Si une absence temporaire se prolonge au-delà de 90 jours consécutifs, l’Assemblée nationale décidera à la majorité de ses membres s’il y a lieu de considérer qu’il s’agit d’une absence totale », stipule l’article 234 de la Constitution.
Or, cette même Assemblée, qui est actuellement aux mains du parti au pouvoir, n’a jusqu’alors jamais évoqué de vacance du poste de président ni l’éventualité d’élections. Pas plus que les Etats-Unis, qui de la voix de son président Donald Trump affirment contrôler le pays. Pourtant, lors d’un entretien en février avec la chaîne américaine NBC, la présidente par intérim avait dit s’engager à organiser des élections libres.
• Que demandent les syndicats ?
Des syndicats vénézuéliens ont appelé à un rassemblement jeudi pour exiger la convocation d’élections, ainsi que la transparence dans la gestion des recettes pétrolières.
« Marchons ensemble vers l’ambassade nord américaine pour remettre un document afin d’exiger l’accélération du processus de transition au Venezuela car, avec ces gens qui dirigent aujourd’hui le pays, nous n’obtiendrons aucune transition favorable à la population », a déclaré lundi à la presse Jorge Lopez, un représentant syndical.
« Il est nécessaire de convoquer des élections libres afin que ce soit le peuple qui choisisse ses autorités pour garantir une transition vers la démocratie, la liberté et l’expression civile de tout le peuple vénézuélien », a ajouté Jorge Lopez.

