Un homme passe devant des portraits de l’ayatollah Khamenei exposés à Srinagar le 24 février 2026. FIRDOUS NAZIR / NURPHOTO VIA AFP
Après la répression d’une vaste contestation au mois de janvier, le gouvernement iranien a lancé un avertissement ce mardi 24 février aux étudiants qui ont recommencé à protester, dans un Iran suspendu aux menaces d’intervention militaire américaine.
• « Des lignes rouges à ne pas franchir », avertir le gouvernement
Ils « ont naturellement le droit de manifester », a déclaré la porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani. Mais il y a « des lignes rouges (…) à ne pas franchir, même au plus fort de la colère », a-t-elle ajouté, citant « les lieux sacrés » comme les mosquées et « le drapeau » de la République islamique.
Depuis la reprise des cours samedi, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et authentifiées par l’AFP montrent des étudiants dans des universités de Téhéran brûler ce drapeau, adopté après la révolution de 1979 qui a renversé la monarchie. Parmi les slogans scandés par les contestataires, « Mort au dictateur », en référence au guide suprême, Ali Khamenei.
• Des rassemblements uniquement étudiants pour l’instant
Ces rassemblements, marqués pour certains par des affrontements entre adversaires et partisans du pouvoir, secouent un pays encore sous le choc de la répression qui a écrasé dans le sang une vague inédite de contestation du pouvoir iranien.
Selon un habitant de Téhéran, interrogé par un journaliste de l’AFP basé à l’étranger, « il n’est pas surprenant » que les étudiants se mobilisent à nouveau avec la rentrée universitaire. Mais selon cet homme, qui dit avoir manifesté début janvier par « devoir moral », les protestations se limitent aux grandes universités et ne devraient pas s’étendre, du fait de « la peur d’une répression brutale et de l’espoir placé en Trump ».
• Espoir en Donald Trump
Depuis des semaines, Donald Trump brandit la menace de nouvelles frappes, après la guerre de juin 2025, déclenchée par Israël, durant laquelle les Etats-Unis avaient bombardé des sites nucléaires iraniens. Il a ordonné le déploiement dans la région d’un dispositif massif : le porte-avions Abraham Lincoln devrait être bientôt secondé dans le Golfe par le Gerald Ford, arrivé en Crète. Il est rare que deux bâtiments militaires de cette importance se trouvent en même temps dans une même région.
Dans ce climat, les négociations se poursuivent, les Etats-Unis tentant d’arracher un accord garantissant que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire. Téhéran se défend de telles ambitions militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire. Si une troisième session de pourparlers est prévue jeudi à Genève sous médiation omanaise, trouver un terrain d’entente sera « une tâche difficile » tant les divergences sont grandes, note l’International Crisis Group dans un rapport publié lundi.
En cas d’échec de la diplomatie les intentions de Washington « restent floues », ajoutent ses analystes, soulignant que Donald Trump préfère « les guerres courtes qu’il peut facilement présenter comme des succès », plutôt que de « s’engager dans un conflit coûteux et chaotique ».

