April 14, 2026

"Ici, on est entre 700 et 1 000 repas par jour" : quand les cantines scolaires deviennent un levier pour valoriser les filières locales après la crise de la DNC en Ariège

l’essentiel
Les éleveurs misent sur la valorisation du veau rosé et la création d’une filière locale. Soutenue par la Région Occitanie, la restauration scolaire devient un levier, pour soutenir les exploitations et sensibiliser les jeunes.

Face aux difficultés du monde agricole, notamment liées à la crise sanitaire de la DNC, les éleveurs locaux cherchent à mieux valoriser leurs productions. La filière du veau rosé s’impose ainsi comme un levier économique essentiel pour les exploitations du territoire.

Dans ce cadre, une initiative soutenue par la Région Occitanie favorise l’introduction de produits locaux dans la restauration collective, en particulier scolaire. L’objectif est double : soutenir les éleveurs et sensibiliser les jeunes à une alimentation de proximité.

Les éleveurs locaux cherchent à mieux valoriser leurs productions.
Les éleveurs locaux cherchent à mieux valoriser leurs productions.
Stéphanie Leborne

“La commande publique est une solution”

Le 10 avril dernier, à la cité scolaire de Mirepoix, une rencontre a réuni producteurs et élèves autour des produits locaux. À cette occasion, Kamel Chibli a accompagné les éleveurs venus présenter leurs productions et a notamment défendu le rôle de la commande publique dans le soutien à la filière.

“On est là pour faire la démonstration que la commande publique peut être une solution pour la crise agricole que nous connaissons, que nous avons connue et qui est toujours d’actualité. Là, on a voulu s’appuyer sur l’opération. Vous savez que la DNC a beaucoup marqué le territoire, des éleveurs ont été en difficulté et se sont vus, avec la vaccination, avoir des bêtes bloquées. Et donc, il a fallu trouver une issue, et on a réussi à le faire. […] Il faut savoir ici qu’on est entre 700 et 1 000 repas par jour en moyenne. Donc vous imaginez ce que ça veut dire. Et puis là, forcément, pour les agriculteurs, pour les éleveurs, c’est une belle ressource. Et puis surtout pour la transmission aux jeunes générations, leur faire toucher du doigt qu’on doit acheter local, qu’on doit accompagner nos éleveurs et ça, c’est important”, fait savoir l’élu.

Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie délégué à l éducation, à l orientation, à la jeunesse et aux sports.
Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie délégué à l éducation, à l orientation, à la jeunesse et aux sports.
Stéphanie Leborne

“Savoir que nos produits viennent du terroir, ça fait plaisir”

Au menu ce jour-là : charcuterie d’Occitanie du Carla-Bayle, sauté de jeune bovin mariné 48 heures dans une sauce soja-coco et yaourts locaux de la Buscallière. “On travaille un maximum de produits frais et locaux”, souligne le chef cuisinier de la cité scolaire de Mirepoix, qui met en avant une cuisine fondée sur les circuits courts et la qualité.

Une démarche appréciée des élèves, à l’image de Baptiste Fournier, 17 ans : “Depuis qu’on a changé de chef, on mange très bien à la cantine, et surtout pour les sportifs, car on est un lycée sportif et l’alimentation, c’est très important, et savoir que nos produits viennent du terroir, ça fait plaisir et c’est évidemment meilleur que des produits transformés.”

“Réduire la dépendance aux exportations”

Si l’initiative répondait d’abord à l’urgence de la crise, la profession entend désormais la pérenniser afin de renforcer son autonomie, explique Jean-Yves Bousquet. “Plus on créera une filière locale, plus on arrivera à maintenir nos abattoirs, nos salles de découpe et tous nos réseaux de producteurs de vente directe”, souligne-t-il. L’enjeu dépasse désormais la seule gestion de crise : “Là, on répond à la problématique d’urgence, mais ce qui est important, c’est qu’on soit en capacité de créer quelque chose qui nous permette d’être moins dépendants d’une crise comme on l’a été”, poursuit-il.

Selon lui, l’objectif est aussi de limiter la dépendance aux débouchés extérieurs : “Aujourd’hui, chaque acteur doit fortement s’impliquer pour pouvoir permettre d’avoir un système autre que l’exportation, comme on l’a fait avec l’Espagne ou l’Italie, où on est dépendant directement dès qu’il y a une crise sanitaire. Alors que dès qu’on arrive à créer des filières locales, on est beaucoup moins sujets à tous ces problèmes-là, de transport et de déplacement d’animaux”, conclut-il.

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