En visite officielle en Algérie, Gianni Infantino fait référence à un événement, globalement reconnu comme l’une des plus grandes injustices de l’histoire du foot. Malgré un début de parcours exceptionnel lors de la Coupe du monde 1982, la sélection algérienne a été éliminée après un troisième match arrangé entre l’Allemagne de l’Ouest et l’Autriche.
Le “match de la honte” est encore dans les mémoires de nombreux amateurs de football et aussi du président de la Fifa. Gianni Infantino avait seulement onze ans lors de la Coupe du monde 1982 organisée en Espagne, mais a beaucoup été marqué par cette polémique. Présent pour inaugurer un centre technique régional à Tlemcen, il évoque dans une vidéo diffusée par la Fédération algérienne le moment où il est devenu fan des Fennecs.
“J’avais douze ans à cette époque-là, j’adorais déjà le football, mais c’est cette Coupe du monde qui a vraiment eu un impact spécial. Dans la phase de groupes, l’équipe qui a surpris le monde et qui est rentrée dans nos cœurs, c’était l’équipe d’Algérie. J’avais dans ma chambre le poster de l’Algérie et le poster de l’Italie collés contre le mur”, raconte le dirigeant italien avant de faire référence au destin cruel de cette équipe des Verts lors de cette compétition, “Après, peut-être un peu de manque d’expérience dans le deuxième match, et puis on sait tous ce qui s’est passé dans le troisième match…”
Un scandaleux “pacte de non-agression” entre la RFA et l’Autriche
Lors de cette Coupe du monde, la sélection nationale algérienne avait réussi à conquérir le cœur du public. Arrivés avec le statut de petit poucet, les Fennecs avaient battu la grande équipe d’Allemagne de l’Ouest lors du premier match des phases de groupe (2-1). Cette victoire historique est la première d’une équipe africaine face à une équipe européenne en Coupe du monde. Après avoir chuté face à l’Autriche sur un score de deux buts à zéro, l’Algérie avait réussi à battre le Chili 3-2 dans son troisième match.
Problème, à cette époque, le troisième match des phases de groupe ne se déroule pas en même temps. Le match opposant la RFA et l’Autriche a lieu le lendemain et les deux connaissent le score des Fennecs. On assiste donc à ce qui sera nommé outre-Rhin le “Nichtangriffspakt von Gijón” (le pacte de non-agression de Gijón).
À lire aussi :
Une caution de 15 000 dollars pour aller assister à la Coupe du monde 2026 ? De nombreux supporters et joueurs africains sous la menace
Après onze minutes, Horst Hrubesch marque pour la RFA. À 1-0, ce score arrange les deux équipes, qui se contentent ensuite de passes sans danger jusqu’au coup de sifflet final. Dans les tribunes, des supporteurs brûlent des pesetas sous les huées pour dénoncer un match truqué. Un supporteur allemand va jusqu’à brûler un drapeau de son propre pays pour protester. Le commentateur allemand Eberhard Stanjek condamne vivement ce spectacle pendant le match, allant jusqu’à garder le silence plusieurs minutes avant de dénoncer un jeu “honteux”.

