February 22, 2026

"L’eau s’évacue en deux jours d’habitude…" Crues du Girou près de Toulouse : après le désastre, l’exploitation cherche un nouvel avenir sans les kiwis

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L’agriculture du futur à Gragnague (Haute-Garonne) est mise à l’épreuve par le climat. La tempête Nils a submergé une exploitation innovante, endommageant une serre photovoltaïque. L’avenir de la culture du kiwi est incertain face à ces défis environnementaux.

À Gragnague, ce qui devait être un modèle de l’agriculture du futur se transforme en défi climatique exceptionnel. En 2024, une exploitation avait lancé un ambitieux projet : trois hectares sous serre photovoltaïque destinés à la culture de kiwis rouges, dans la tradition du Kiwi de l’Adour. La plantation complète était prévue pour avril 2026, avec la création de deux emplois, dont un dédié à une jeune agricultrice.

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Mais le 13 février dernier, la tempête Nils a tout changé. Le Girou a débordé, submergeant les terres de l’exploitation. Et pour la première fois, l’inondation n’est pas venue uniquement de la rivière : les terrains voisins, saturés par les pluies, ont également contribué à la montée des eaux. “Habituellement, l’eau s’évacue en deux jours ; cette fois, plus de huit jours après la tempête, les sols restent immergés”, explique l’exploitant agricole, Daniel Gerber, qui fait face à une situation inédite.

Les champs sont restés inondés dans la Vallée du Girou.
Les champs sont restés inondés dans la Vallée du Girou.
DDM – SEBASTIEN BELLAVAL

La serre photovoltaïque endommagée

Les dégâts matériels sont considérables. La serre photovoltaïque, cœur du projet combinant production agricole et énergie solaire, a été submergée. Les aménagements préparatoires et certaines installations ont été endommagés. “Même si la plantation des kiwis n’avait pas encore commencé, les investissements engagés et les perspectives économiques sont très lourdement impactés”, explique le cultivateur.

"L’eau s’évacue en deux jours d’habitude" disent les riverains.
“L’eau s’évacue en deux jours d’habitude” disent les riverains.
DDM – SEBASTIEN BELLAVAL

Conscients de ces contraintes, Daniel et sa fille ont pris la décision d’abandonner la culture du kiwi, trop sensible aux excès d’eau pour garantir une récolte viable. L’exploitation se tourne vers des ingénieurs agronomes pour définir une solution durable et plus sécurisée. “Plusieurs pistes sont à l’étude : cultures moins exposées aux intempéries, variétés résistantes à l’eau, comme certains petits fruits ou plantes aromatiques ou encore plantation en hauteur et drainage optimisé”.

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La nouvelle autoroute a-t-elle favorisé l’effet “cuvette”

À Gragnague, la tempête Nils ne marque pas la fin du projet mais impose de repenser les choix culturaux. Un point d’interrogation demeure : la proximité de l’autoroute A680 et des remblais liés à son aménagement ont-ils pu amplifier la stagnation des eaux et aggraver l’inondation par déviation ? “J’ai aucune preuve mais je me pose des questions”, indique l’agriculteur. Sollicité, Vinci Autoroutes précise : “nous sommes notamment réglementairement engagés à ne pas impacter les zones inondables de la plaine du Girou. Pour cela, notre aménagement intègre : la création de 30 ouvrages hydrauliques qui permettent de garantir l’écoulement des eaux sous l’infrastructure” et “la réalisation de zones de décaissement qui viennent compenser la création de certains remblais autorisés en secteur inondable”.

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