Abandonnée en pleine nuit par un VTC à cinq kilomètres de la station des Monts d’Olmes, une famille de cinq personnes a dû terminer son périple à pied sous la neige. Un manque de professionnalisme qui a bien failli virer au drame.
La neige tombe à gros flocons sur les lacets sombres qui mènent aux Monts d’Olmes. Il est près d’une heure du matin. Le silence de la montagne n’est troublé que par le crissement des pas dans la poudreuse. Quelques heures plus tôt, tout semblait pourtant bien organisé.
En début de soirée, une famille de cinq personnes atterrit à l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Un couple accompagné de leurs trois enfants âgés de 5 à 8 ans, prend la direction de leur lieu de vacances : la station des Monts d’Olmes, en Ariège.
Ces Français installés à Londres connaissent bien la station, où ils aiment se rendre pour les vacances d’hiver. Un VTC est réservé à l’avance. La neige est annoncée, certes, mais rien d’inhabituel en cette période pour rejoindre un domaine skiable.
À cinq kilomètres du but, la stupeur
Puis, à seulement cinq kilomètres de l’arrivée, tout bascule. La route blanchit davantage, les pneus glissent sur la chaussée enneigée. Il est 1 heure du matin. Le van s’immobilise. Le chauffeur refuse d’aller plus loin. Il invoque la dangerosité des conditions.
Peu importent l’heure tardive, la présence de trois jeunes enfants ou l’encombrement des valises. La décision est sans appel. Les bagages sont déposés sur le bas-côté. Les portières claquent. Le véhicule fait demi-tour. La famille se retrouve seule sur une route de montagne enneigée.
La scène a quelque chose d’irréel. Il faudra près de deux heures pour parcourir les cinq derniers kilomètres à pied.
“On a frôlé le drame”, confie Jean-Michel Audabram, taxi installé à Villeneuve-d’Olmes depuis plus de vingt ans. C’est lui qui, quelques jours plus tard, prend en charge le père de famille à 6 heures du matin aux Monts d’Olmes pour le conduire à l’aéroport de Toulouse-Blagnac. L’homme lui raconte alors leur périple.

“Un manque de professionnalisme”
“Quand il m’a expliqué qu’on les avait laissés à cinq kilomètres de la station, à 1 heure du matin, avec trois enfants, j’ai été sidéré. Ça aurait pu très mal finir. Une hypothermie, un accident… On ne laisse pas des gens comme ça sur le bord d’une route de montagne.”
Le professionnel ne mâche pas ses mots : “C’est un manque de professionnalisme flagrant. S’il avait eu peur, il pouvait faire demi-tour et leur payer un hôtel. Mais on n’abandonne pas une famille dans la neige.”
Selon lui, la question de l’équipement est centrale : “Moi, j’ai un 4×4 équipé de quatre pneus neige. Pour monter aux Monts d’Olmes en hiver, il faut être préparé. C’est la différence entre quelqu’un qui connaît le secteur et quelqu’un qui ne l’a jamais pratiqué.”
Le père de famille ne semble pas pour autant avoir exprimé de colère particulière, confie Jean-Michel. “Il l’a presque raconté comme une aventure, mais moi, ça m’a choqué. Quand il l’a raconté à la station, tout le monde était sidéré.”
La course initiale aurait été facturée 350 euros, la famille réglant finalement 300 euros malgré l’abandon à cinq kilomètres de l’arrivée.
Quelques jours après l’incident, la famille a cette fois fait appel à un professionnel. “Il m’a même envoyé un message pour s’assurer que je monterais bien malgré la neige”, raconte Jean-Michel Audabram. “Quand on s’engage, on vient.”
Dans le milieu, certains rappellent un principe simple : un transport réservé doit être assuré, quelles que soient les conditions, à condition bien sûr d’être correctement équipé.

