Reportage
Alors que la guerre en Ukraine dure depuis quatre ans, à Odessa, ville russophone à des centaines de kilomètres du front, sur les rives de la mer Noire, est plongée depuis des semaines dans le froid et le noir.
Pour aller plus loin
A Odessa, à la fin d’une interview, il arrive qu’on nous remercie d’être venus, de continuer à parler de l’Ukraine. Parfois, même, l’interlocuteur nous serre dans ses bras, les yeux brillants, nous invite à revenir un jour goûter à son forshmak (rillettes de harengs) quand la guerre sera finie. Quand ? Personne ne le sait. La blague odessite typique en ce moment, c’est de répondre : « Après le 26. » Le 26 quoi ? mai ? juin ? de quelle année ? Ce n’est pas qu’on ne croit plus à la victoire, mais elle est devenue floue, lointaine, comme la vie en Ukraine, où plus personne n’ose se projeter au-delà de deux ou trois semaines.
Les questions se bousculent. Est-ce qu’on revient du Donbass ? Va-t-on rester ici, à Odessa ? Et si oui, pour parler de quoi ? Des centaines de drones lancés quotidiennement contre les infrastructures de la région, qui ont plongé la ville dans le noir et le froid depuis décembre ? Des routes, des po…
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