February 19, 2026

L’ascension du pic avait viré au drame : Thomas avait laissé sa compagne seule en état d’hypothermie… il est jugé pour "homicide involontaire"

l’essentiel
Le 19 janvier 2025, lors de l’ascension du Großglockner, Kerstin G. est décédée après avoir été laissée en hypothermie à proximité du sommet. Son compagnon, Thomas P., 36 ans, est accusé de l’avoir laissée seule : il est jugé en Autriche pour “homicide involontaire par négligence grave”.

Thomas P. avait-il fait preuve de “négligence” le 19 janvier 2025 lorsque, en pleine ascension du Großglockner – le plus haut sommet d’Autriche, qui culmine à 3 798 mètres d’altitude – il avait laissé derrière lui sa compagne Kerstin G., souffrant d’hypothermie, pour aller chercher des secours ? La justice autrichienne va devoir statuer sur cette difficile question à compter de ce jeudi 19 février, le jeune homme de 36 ans étant inculpé pour “homicide involontaire par négligence grave”. L’alpiniste pourrait encourir jusqu’à trois ans de prison.

En pratique, Thomas et Kerstin avaient démarré l’ascension du Großglockner le 18 janvier dans la matinée. Au cours de leur périple, les conditions météorologiques se sont progressivement détériorées. Le couple luttait contre les éléments : dans la nuit, les températures sont tombées à – 9 °C (ressentis – 20 °C avec des vents violents allant jusqu’à 72 km/h). Le 19 janvier 2025 vers 2 heures du matin, alors que Thomas et Kerstin se trouvaient à une cinquantaine de mètres du sommet, le jeune homme a laissé sa compagne, épuisée et sans protection. Ce dernier explique aujourd’hui être redescendu pour aller chercher de l’aide. Kerstin, laissée en état d’hypothermie, sera finalement retrouvée morte par les secours.

Un couple mal équipé pour cette ascension ?

Tomas P. nie aujourd’hui l’homicide involontaire. Son avocat, Me Kurt Jelinek, parle quant à lui d’un “accident tragique”. Mais dans cette affaire, le procureur général Hansjörg Mayr oppose au trentenaire le concept de “guide touristique agissant à titre gracieux”. Sur des excursions risquées comme celles-ci, ce terme souligne la responsabilité de la personne qui a le plus d’expérience et de connaissances. Le procureur reproche ainsi à Thomas d’avoir manqué à ses responsabilités en tant qu’alpiniste expérimenté : ce dernier recense au final neuf erreurs majeures. Il reproche entre autres au jeune homme d’avoir laissé Kirsten tenter cette ascension alors que cette dernière n’avait “jamais entrepris de randonnée alpine d’une telle longueur, difficulté et altitude”.

À lire aussi :
Il abandonne sa petite amie au sommet d’une montagne enneigée pendant 6 heures, la victime morte de froid

Le procureur affirme par ailleurs que le jeune couple n’était pas parti avec le matériel nécessaire pour bivouaquer. Par ailleurs, l’enquête suggère que la victime était équipée de chaussures de snowboard, inadaptées pour ce type de sortie. Il est également reproché à Thomas de ne pas avoir lancé d’appel d’urgence avant la tombée de la nuit : “Vers 2 heures du matin, l’accusé a laissé sa petite amie sans protection, épuisée, en hypothermie et désorientée à environ 50 mètres en contrebas de la croix sommitale du Großglockner”, commente Hansjörg Mayr. “Ça me met en colère que Kerstin soit dépeinte comme une petite chose stupide, a pour sa part déclaré Gertraud G., la mère de la victime. Kerstin était en pleine forme physique. Et elle avait déjà réalisé des ascensions bien plus difficiles, seule ou avec son petit ami”.

source

TAGS: