Le parquet de Paris a annoncé la saisine de magistrats référents pour analyser d’éventuelles infractions liées à des Français. HANDOUT / AFP
Vous avez décroché de l’actualité ce week-end ? Voici les principales informations à retenir des samedi 14 et dimanche 15 février.
· L’étudiant identitaire Quentin est mort
Agressé jeudi soir à Lyon et hospitalisé dans un état grave, Quentin, un étudiant nationaliste de 23 ans proche du collectif identitaire Némésis, a succombé à ses blessures samedi 14 février. Le jeune homme avait été pris à partie en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, dans des circonstances encore floues.
Selon l’avocat de sa famille, « un guet-apens, méthodiquement préparé, semblerait bien avoir été tendu à Quentin par des individus organisés et entraînés, en très large surnombre et armés, pour certains le visage masqué, ayant effectué des repérages préalables et disposant a priori de complicités ». TF1 a diffusé samedi dans son journal de 20 heures une vidéo présentée comme celle de l’agression, où l’on voit trois hommes se faire rouer de coups de pied et de coups de poing, dont l’un reste au sol, apparemment inanimé. Le procureur de Lyon tiendra un point presse lundi à 15 heures.
Plusieurs responsables politiques n’ont pas attendu les résultats de l’enquête, toujours en cours, pour se saisir du drame. « C’est manifestement l’ultragauche qui a tué » le jeune Quentin, a affirmé Gérard Darmanin dimanche au micro de RTL, pointant dans la foulée la « complaisance de La France insoumise (…) pour la violence politique ». « Des discours politiques, notamment ceux de LFI, mènent malheureusement (…) à une violence extrême, sur les réseaux sociaux et dans le monde physique ».
· Macron cible la France insoumise « d’extrême gauche »
Accusés par Gérald Darmanin d’avoir nourri la « violence politique » à l’origine de la mort de Quentin à Lyon, les Insoumis ont aussi essuyé ce week-end les critiques d’Emmanuel Macron.
Dans un entretien à Radio J diffusé dimanche matin, le chef de l’Etat a qualifié à son tour LFI de mouvement qui est « à l’extrême gauche ». Une manière d’avaliser le nouveau classement des partis politiques, établi début février par le ministère de l’Intérieur en vue des élections municipales de mars – et que les Insoumis entendent contester devant le Conseil d’Etat. Une classification qui interroge historiens et politistes interrogés par « Le Nouvel Obs ».
Mais le chef de l’Etat a surtout relancé l’accusation récurrente d’antisémitisme contre LFI dans le contexte des vingt ans de l’assassinat d’Ilan Halimi, commémoré vendredi. Sur ce sujet, les Insoumis « contreviennent à des principes fondamentaux de la République » et il y a « clairement des expressions antisémites qui émergent » dans leurs rangs, a affirmé Emmanuel Macron. « Aucun militant de La France insoumise n’a jamais été condamné pour antisémitisme, aucun d’entre eux n’a jamais eu d’expressions antisémites », a répliqué Manuel Bompard.
· La justice française se saisit de l’affaire Epstein
Après la publication de millions de documents liés au criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, le parquet de Paris a annoncé samedi la saisine de magistrats référents pour analyser d’éventuelles infractions liées à des Français.
Le parquet a précisé que les éléments recherchés pouvaient concerner « des infractions de diverses natures, notamment à caractère sexuel ou à caractère financier ». Il a expliqué travailler à l’exploitation des documents nouvellement diffusés aux Etats-Unis, « en coordination avec le Parquet national financier et en lien avec la direction nationale de la police judiciaire (…) afin d’ouvrir des enquêtes » si des infractions étaient caractérisées.
Le parquet de Paris va par ailleurs procéder « à une réanalyse intégrale du dossier d’instruction » dans lequel l’ex-agent de mannequins Jean-Luc Brunel, un proche de Jeffrey Epstein, avait été mis en examen, et qui avait été clôturé par un non-lieu en juillet 2023 à la suite du suicide en détention, en février 2022, de ce dernier. « En effet, aucune autre personne n’avait été mise en examen dans ce dossier », a rappelé le parquet. L’objectif est de « pouvoir en extraire toute pièce susceptible d’être utilement réexploitée dans un nouveau cadre d’enquête », a-t-il précisé.
· L’opposant russe Navalny a été empoisonné
Emprisonné, condamné, puis empoisonné. L’opposant russe Alexeï Navalny, mort le 16 février 2024 dans une prison russe dans des circonstances troubles, a été « empoisonné » avec une « toxine rare » par Moscou, ont accusé, samedi, cinq pays européens (Royaume-Uni, Suède, France, Allemagne et Pays Bas) lors d’une annonce en marge de la conférence de Munich sur la sécurité.
Londres, qui a annoncé signaler l’empoisonnement à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), a précisé la « toxine mortelle, présente dans la peau des grenouilles-dards d’Équateur (l’épibatidine), a été retrouvée dans des échantillons prélevés sur le corps d’Alexeï Navalny ». Cette substance a « très probablement entraîné sa mort ».
· L’astronaute française Sophie Adenot est arrivée dans l’ISS
Sophie Adenot a pris ses quartiers samedi dans la Station spatiale internationale (ISS) pour une mission d’environ huit mois qui marque le retour d’une Française dans l’espace après 25 ans.
Un immense sourire aux lèvres, l’astronaute de 43 ans est entrée la première dans l’ISS vers 22h30, un peu plus de deux heures après l’amarrage du vaisseau qui l’y a amenée aux côtés des Américains Jessica Meir et Jack Hathaway, et du Russe Andreï Fediaïev.
Il aura fallu quelque 34 heures à l’équipage baptisé Crew-12 pour rejoindre la Station spatiale internationale, située à 400 kilomètres de la Terre, depuis le lancement de leur vaisseau par une fusée SpaceX à Cap Canaveral, en Floride, vendredi. « Ce fut un voyage intense mais très amusant, a commenté Sophie Adenot au terme de la retransmission en direct par la Nasa. Je suis fière d’embarquer la France et l’Europe dans cette incroyable aventure qui dépasse les frontières ».

