Le syndicat mixte de l’aéroport de Castres-Mazamet retrouve son calme après la démission fracassante de Pascal Bugis. Didier Houlès, nouveau président, doit gérer l’attribution de la ligne Castres-Paris et les travaux de rénovation cruciaux. Deux compagnies se sont déjà positionnées.
Est-ce la fin de la période de turbulences au syndicat mixte qui gère l’aéroport de Castres-Mazamet ? En tout cas, le calme semble revenu après que Pascal Bugis, le président de la communauté d’agglomération de Castres-Mazamet, a démissionné avec perte et fracas de la présidence mi-décembre.
C’est Didier Houlès, qui a d’abord assuré l’intérim en tant que vice-président de la structure, qui a finalement repris la présidence, étant donné que personne d’autre n’a levé le doigt. “On ne pouvait pas laisser la vacance jusqu’aux prochaines élections du président de l’agglo sans doute en avril après les municipales. Il faut qu’on avance. Il y a des dossiers avec des délais qui s’empilent”, explique le vice-président du conseil départemental du Tarn, qui représente le Département dans ce syndicat mixte qui compte également la communauté d’agglomération de Castres-Mazamet et la Région, comme principaux financeurs, et les communautés de communes du sud du Tarn.
Des dossiers à traiter qui s’emplient
Le premier sujet de préoccupation du nouveau président, c’est d’ouvrir les offres des compagnies aériennes qui ont postulé pour reprendre la ligne Castres-Paris à partir de juin prochain. “J’ai convoqué une réunion la semaine prochaine”, précise Didier Houlès. Selon nos informations, deux compagnies se sont positionnées : Chalair, qui exploite la ligne depuis trois ans, et Amélia.
En parallèle, il a écrit aux ministres des Transports et des Armées pour connaître leurs intentions quant à la participation de l’État au financement de cette ligne d’aménagement du territoire et aux travaux de rénovation de la piste devenue indispensable pour garder l’homologation délivrée par la Direction générale de l’aviation civile. “Je vais essayer d’avoir un rendez-vous rapidement”, précise même Didier Houlès qui veut en parallèle lancer les études techniques et mettre en œuvre les appels d’offres “qui prennent toujours du temps” pour ces fameux travaux qui ont semé la zizanie.
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Car si Pascal Bugis a claqué la porte, c’est selon lui parce que le Département et la Région ont voté contre leur participation aux travaux de mise aux normes de l’aéroport, évalués à 7 millions d’€, lors d’un comité syndical qui s’est tenu ce mardi 16 décembre. “Je ne peux pas cautionner ce choix délibéré de planter l’aéroport”, avait expliqué Pascal Bugis.

Mais Didier Houlès s’inscrit en faux. “On avait juste posé des préalables en demandant à voir si l’État et l’Armée ne pouvaient pas également participer à ces travaux puisqu’on les fait en partie pour eux”, indique l’élu. La plateforme aéroportuaire castraise est en effet utilisée en grande partie par le 8e RPIMa qui rappelle régulièrement son importance pour son activité. Et Didier Houlès estime que c’est “le consensus” qui doit régner dans un comité syndical, pas le “passage en force”. “Il faut discuter avec les uns et les autres et les écouter”, continue-t-il.
“L’État n’intervient jamais dans l’entretien des aéroports”, affirme pourtant de son côté Pascal Bugis. Mais Didier Houlès n’est pas forcément du même avis. “Cela ne présage rien de ce qu’il va se passer mais il faut avancer, assure-t-il. La pire des solutions serait de ne rien faire et que l’aéroport redevienne un aérodrome”.

