De l’internat de médecine au Minnesota aux pistes de Milan-Cortina 2026, Regina Martinez a tout sacrifié. Pour financer son rêve olympique et devenir la première fondeuse mexicaine de l’histoire, elle a multiplié les petits boulots, jusqu’à promener des chiens pour 10 dollars de l’heure.
Les Jeux olympiques d’hiver 2026 de Milan-Cortina ne sont pas seulement une compétition qui fait briller les vainqueurs. Cet évènement met en lumière tous les athlètes de la planète, ainsi que les belles histoires qui les entourent. Regina Martinez, Mexicaine de 33 ans, a marqué l’histoire de sa nation en entrant dans l’histoire en devevant la première mexicaine à participer à l’épreuve du ski de fond au JO d’hiver.
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Avant de s’élancer, la jeune femme s’était confiée dans une vidéo YouTube pour la chaîne proceso. Pour elle, tout a commencé par un rêve. “J’ai le rêve olympique depuis aussi loin que je me souvienne, depuis toute petite.” Mais le ski, lui, arrive plus tard, presque par hasard. Partie étudier la médecine au Minnesota, elle découvre les hivers rudes, l’obscurité et la solitude. “J’ai décidé de voir la neige comme quelque chose de positif et non de négatif” confie-t-elle.
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Un jour, au cœur d’une tempête à Minneapolis, une plaisanterie change tout. “Avec toute cette neige, tu devrais apprendre à skier. Peut-être que ça pourrait t’arriver comme aux Jamaïcains du bobsleigh” se rappelle-t-elle. La blague devient réalité. Regina se pose une question simple : combien de Mexicains ont participé aux Jeux d’hiver, et combien en ski de fond ? “Allons-y à fond et voyons jusqu’où nous pouvons aller. Le pire qui puisse arriver, c’est que ça ne marche pas. Mais j’aurai une belle histoire à raconter.”
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Sportive depuis l’enfance, elle a grandi avec la discipline d’un père entraîneur. “Le sport, la compétitivité et la discipline, je les ai eus depuis ma naissance” indique la trentenaire. Cette rigueur, nourrie par des études de médecine éprouvantes, forge sa résilience. “Toute cette force que la médecine m’a apportée, j’ai pu l’utiliser dans le sport” assure la native de Mexico City.
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Les débuts sont pourtant difficiles : refus d’entraîneurs, pandémie, doutes liés à l’âge. Puis vient Miami, sans neige, où il faut tout organiser. “Pendant mon internat (en tant que médecin à l’hôpital), j’ai commencé à promener des chiens. Je m’en occupais aussi dans une sorte de pension canine. J’économisais également 60 à 70 % de mon salaire à l’hôpital. Grâce à tous ces efforts, j’ai pu acheter l’équipement que j’emmène aux Jeux olympiques et aller m’entraîner ailleurs” a-t-elle raconté, comme le rapporte RFI.
Promener des chiens pour 10 dollars de l’heure afin de réaliser son rêve. “Nous n’avons jamais eu honte de faire ce qu’il fallait, tant que c’était honnête” confesse son père. Aujourd’hui, ce qu’elle visualise le plus, ce n’est pas une médaille. “Franchir la ligne d’arrivée, partager la neige avec le Mexique. Ce sont mes premiers Jeux, mais ce ne seront pas les derniers” avait-elle annoncé avant la course.
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Ce jeudi, bien qu’elle ait terminé bonne dernière à 11 minutes de la championne Frida Karlsson sur le 10km libre, Regina Martinez a été au bout de son rêve. Et a même reçu un accueil triomphant de la part de ses concurrentes, lesquelles l’ont attendu sur la ligne d’arrivée.

