Le footballeur néerlandais, aujourd’hui retiré des terrains, a évoqué avec franchise le mal-être qui a pu l’accompagner durant sa carrière au niveau de sa santé mentale.
Même si les barrières sautent peu à peu, la santé mentale reste un vrai tabou dans le sport, et notamment le football professionnel. Car l’argent brassé par les meilleurs joueurs du monde ne suffit pas à en rendre certains heureux. C’est en tout cas ce qu’a exprimé le Néerlandais Gregory van der Wiel (37 ans).
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Retraité des terrains depuis 2019, l’ancien latéral droit du Paris Saint-Germain (2012-2016) s’est depuis reconverti dans la préparation mentale comme “coach mental et performance”, s’appuyant sur les réseaux sociaux pour faire passer ses messages à travers des vidéos.
Dans l’une d’elles, celui qui a porté 132 fois le maillot du PSG (4 buts) et qui compte 46 sélections avec les Oranje, son équipe nationale, évoque à quel point il a pu être mal durant ses années au plus au niveau, quand bien même elles ont été couronnées de nombreux succès.
“Je portais un masque”
“Le foot est une prison. Je n’ai pas profité d’un instant de ma carrière. J’ai gagné 16 trophées, et je me sentais complètement seul. J’avais l’impression de vivre ça en tant que spectateur. Comme si je n’en faisais pas partie. Parce que je portais un masque. Je ne ressentais rien. Ni joie, ni fierté, ni soulagement. Rien.”
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Un discours bien loin de l’image que l’on se fait de la carrière de footballeur professionnel et du train de vie luxueux qu’elle permet de mener. “J’ai joué avec raideur alors que j’aurais dû jouer librement. Je me suis retenu alors que j’aurais dû exploser”, poursuit-il.
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L’exemple Simone Biles
Et de tenter de dédramatiser un mal-être qui ne doit pas être nuancé par l’argent parfois important brassé durant quelques années : “Si vous êtes dans un vestiaire et que vous ressentez la même chose, vous n’êtes pas faible, vous êtes humain.”
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Au niveau mondial, “près d’un athlète sur trois présente des symptômes de maladie mentale”, estimait en 2024 Marion Leboyer, psychiatre et directrice générale de FondaMental, une fondation de coopération scientifique, citant notamment les troubles anxieux, dépressifs ou alimentaires.
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L’un des exemples les plus marquants concerne la super star de la gym Simone Biles, qui avait craqué au début des JO de Tokyo en 2021. Elle s’était mise en retrait afin de préserver sa santé mentale, mais aussi physique car elle perdait ses repères en l’air.

