Petits commerces et entreprises souffrent du blocage de la RN20 entre Ax-les-Thermes et les portes de l’Andorre. Sur la vallée, “une centaine d’emplois est en danger”, alerte Arnaud Diaz, maire de l’Hospitalet-près-l’Andorre.
“C’est difficile de s’exprimer, j’ai été très ému par les paroles des commerçants”, confie Arnaud Diaz, maire de l’Hospitalet-près-l’Andorre. Sa commune fait partie des victimes économiques de l’éboulement. Au lendemain d’une réunion en visioconférence entre les commerçants, les maires de l’axe concerné et les services de l’État, le premier édile souhaite prendre la parole pour lancer un cri d’alerte publiquement. “C’est simple, une centaine d’emplois est en danger”, synthétise l’élu.
L’usine de l’Eau neuve, la société de transports Subra, les épiceries et petits commerces… Tout le secteur économique local souffre. “Il y a un impact lourd et brutal, et on peut faire une croix sur les vacances de février”, observe Arnaud Diaz, prêt à “mouiller la chemise” pour défendre les acteurs économiques.
Une réaction attendue de l’État
“Nous avons envoyé un message au préfet, dans lequel nous demandons une réunion en présentiel. Ce qu’on va discuter de manière très ferme, c’est la mise en place de fonds compensatoires, à savoir soit le décalage ou l’annulation des charges sociales, ou des avances de trésorerie”, déroule Arnaud Diaz, informé vendredi 6 février d’une venue probable du préfet dans la semaine prochaine. Contactée, la sous-préfète Emilie Barromes, participante à la réunion avec les commerçants, tient un discours rassurant.
“Nous avons pris l’engagement de faire un suivi et un point toutes les semaines sur la situation des commerces et des entreprises. Les mesures telles que le report de charges sont des dispositifs que nous maîtrisons, nous les avons déjà utilisées dans le cadre de la DNC (dermatose nodulaire contagieuse : ndlr). On saura les mobiliser encore sans problème”, communique la sous-préfète.
“Quand on imagine la situation durer jusqu’à mars, ça fait peur”
Sur place, il est encore difficile de mesurer pleinement l’impact dans les petits commerces. “Le passage qu’on a perdu ne représente qu’une petite partie de ma clientèle”, sait Aude Choichillon, gérante de l’Échoppe des Cimes, épicerie et café de proximité. Pour elle, l’impact n’est pas létal. En revanche, le temps que va prendre la reprise de la circulation sur la RN20 est source d’inquiétude. “Quand on imagine la situation durer jusqu’à mars, ça fait peur”, ajoute Aude Choichillon.
À Mérens-les-Vals, le restaurant “La gare des Vals” est beaucoup plus étouffé par la situation. “Je n’ai aucun client, je suis livré à moi-même. Je fais d’habitude 10 à 15 couverts par jour. Là, j’ai fait 3 couverts cette semaine”, indique Thierry Carmeille, le responsable. Sur les aides envisagées, le report des charges ne satisfait pas le restaurateur. “C’est reculer pour mieux sauter”, estime-t-il, demandant plutôt l’annulation totale des charges.
Le coup dur est le timing de cet épisode, à quelques jours des vacances de février. “Ça va être du – 90 %”, anticipe Thierry Carmeille, pensant qu’il y aura des annulations dans les réservations de vacances. La semaine prochaine, les communes et les commerces devraient en savoir plus sur la complexité financière du mois de février. “Si on doit monter à Paris pour avoir ce qu’on veut, on le fera”, prévient Arnaud Diaz.

