En terre lot-et-garonnaise, il ne fait aucun doute que les bonnets jaunes de la Coordination Rurale, syndicat agricole connu pour ses actions musclées voire spectaculaires jusque sous l’Arc de Triomphe parisien, sont dans leur fief ! Plus d’un millier d’adhérents s’étaient donné rendez-vous au parc des expositions d’Agen pour l’assemblée générale de la fédération départementale.
Dès 19 heures, presque toutes les places avaient déjà trouvé preneur autour des tables et des buvettes. “On est 1030 d’après la police et les organisateurs”, s’amuse Serge Bousquet-Cassagne, figure incontournable du monde agricole lot-et-garonnais. “Cette assemblée générale se tient dans un contexte morose. On est ensemble et on se réchauffe ! “, précise l’ancien président de la chambre d’Agriculture. “Cette assemblée générale est marquée par une nouvelle présidence nationale. Une présidence de rupture, plus musclée. Une ligne qui nous convient bien dans le Lot-et-Garonne.”
Lorsqu’on lui parle des mois à venir, le ton se durcit encore d’un cran : “Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Les enjeux sont énormes ! On continuera à se faire entendre même quand certains aimeraient bien qu’on se taise ! Nous avons toujours été force de proposition ! Nous avons toujours accepté de participer à des réunions ou de rédiger des rapports à chaque fois que nous avons été sollicités ! Mais on sait bien comment ça se termine et ce que deviennent nos propositions !”.
L’heure du bilan d’une année de combat
Depuis la tribune, une voix résonnait dans la salle, celle de José Perez, l’un des visages les plus connus de la CR lot-et-garonnaise : “On ne peut plus continuer à être taxés, rackettés, sur de l’argent que l’on n’a pas. La MSA doit revoir un système obsolète et il faut trouver des dispositifs favorables aux jeunes qui auraient encore le courage de s’installer”.
Les événements liés à l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse ont également marqué les esprits : “L’Ariège a été un moment éprouvant, bouleversant, je n’ai même pas de mots pour le décrire. Nous avons été gazés, matraqués comme des malpropres ! Les forces de l’ordre n’avaient aucune limite. […] C’est quoi ce pays qui abat ses vaches comme ça, sans raison ? On s’opposera à l’abattage quoi qu’il en coûte ! Mais pas le “quoi qu’il en coûte” d’Emmanuel Macron, “for sure””.
José Perez a également fait un focus sur les opérations d’envergure lancées par la CR durant l’année : “L’opération nocturne à la préfecture, l’effet de surprise a été total ! Ça a coûté la place à notre ex-cher préfet Barnier ! Bon débarras !”. La dernière montée à Paris a également été évoquée : “Le gouvernement a eu peur à l’annonce de notre départ vers le nord. Vous avez fait trembler Paris ! Monsieur Nunez nous a interdit de sortir les tracteurs de nos exploitations ! En mettant un arrêté interdisant tout déplacement de tracteurs […] mais les agriculteurs lot-et-garonnais ont fini sous l’Arc de Triomphe !”.
Un nouveau président national
L’éleveur Bertrand Venteau, fondateur de la CR 87 et nouveau président national du syndicat, était dans ses petits souliers en Lot-et-Garonne où le soutien lors de sa candidature était quasi unanime : “Ici, il y a un véritable lien avec le territoire depuis le début de l’histoire de notre syndicat ! Il y a une véritable envie de combattre ! La ligne que je vais défendre pendant ce mandat sera celle d’une montée en puissance nécessaire pour résister à des politiques comme celle que soutient la FNSEA. Une politique qui entretient un système congestionné. Je vais appuyer sur une dynamique forte, sur nos jeunes, pour restructurer notre mouvement, le rendre toujours plus efficace dans une lutte protectionniste pour nos filières françaises !”.
Cette année, le traditionnel “Ours d’or” de la CR, qui met à l’honneur avec humour la personnalité politique qui, à leurs yeux, a le plus porté préjudice au monde agricole, a été décerné au ministre de l’Intérieur Laurent Nunez pour sa répression qui s’intensifie autour des manifestations agricoles en Ariège, à Paris et à Toulouse.

