Depuis peu, une quarantaine d’éleveurs du Lauragais et des départements limitrophes à la Haute-Garonne ont créé l’association “Prédation Loup Lauragais” ainsi qu’un groupe WhatSapp pour se tenir au courant de la législation en cours en cas de prédation du loup.
La présence du loup ne fait aucun doute pour les éleveurs ovins du Lauragais, qui comprend un large territoire qui va de l’agglomération de Toulouse au nord-ouest, Carcassonne au sud-est, et les agglomérations de Castres au nord-est et Pamiers au sud-ouest. Le nombre d’attaques sur des cheptels est régulier depuis 2024, où le canis lupus rôde et n’hésite pas à entrer dans les exploitations. Président de l’association “Prédation Loup Lauragais”, nouvellement créée, ainsi qu’un groupe WhatSapp, Rémi Gacquière, éleveur d’un cheptel de 280 brebis installé à Labécèdre-Lauragais (Aude), explique que l’association permet de se tenir au courant de la législation en cours en cas de prédation du loup et de ses divagations à travers bois.
“On veut être sûr d’être entendu”
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Une association, alors que l’Office français de la biodiversité (OFB) est censé informer les éleveurs sur le nombre de loups et son territoire ? “On a en effet quelques problèmes de communication interdépartementale et aussi au niveau des signalements, constate Rémi Gacquière. On voulait être sûr de porter une voix pour être entendu sur la situation qu’on vit. Ça a commencé chez nous, sur la commune de Labécèdre. L’OFB est venu sur place constater les dégâts, a fait son rapport pour conclure que le loup est bien présent.”
“Un voisin a subi sept attaques en une année”
Les éleveurs, qui ne sont pas chasseurs, doivent se rendre à l’évidence : le loup est bien dans le secteur (cercle 1, 2 ou 3) et il faut faire avec. En matière de déclassement, le statut du loup est passé d’espèce “strictement protégée” à “protégée” au niveau européen. Il se distingue par ses attaques, laissant la trace reconnaissable de ses canines sur le cou de la brebis. “J’ai un voisin qui a eu sept attaques au cours de l’année dernière, ajoute le président de “Prédation loup Lauragais”. J’ai encore un deuxième voisin qui vient de se faire attaquer, il a perdu deux brebis. Il y a aussi la question post-traumatique chez les ovins qui n’est pas toujours prise en compte en matière de dédommagements. C’est difficilement quantifiable sur l’ensemble d’un troupeau.

