Près de Sirac, le centre 3S Quarter Horse a accueilli un stage de reining animé par le champion du monde belge Bernard Fonck. Une venue prestigieuse qui met en lumière cette discipline encore méconnue venue des Etats-Unis. Reportage.
Près de Sirac, le centre 3S Quarter Horse a accueilli un stage de reining animé par le champion du monde belge Bernard Fonck. Une venue prestigieuse qui met en lumière cette discipline encore méconnue.
Tout près de Sirac, le centre équestre 3S Quarter Horse organisait mardi et mercredi un stage de reining, sous l’égide de Bernard Fonck, champion du monde de cette discipline qui mêle équitation et dressage.

“Le reining, c’est une discipline qui vient des États-Unis, au croisement de l’équitation et du dressage, explique Clara Torre da Silva, qui travaille au 3S Quarter Horse. Ça s’est démocratisé en France voilà une vingtaine d’années.” Thomas Sciascia, le gérant du centre équestre, veut ouvrir ce sport aux amateurs novices, et donner aux cavaliers émérites ou même professionnels les méthodes pour s’améliorer. C’est lui qui a contacté Bernard Fonck, seul Européen à avoir remporté cinq titres de champion du monde : le reining est dominé par les Américains.
Équitation de travail
Calé sur sa selle, Frédéric tourne dans le grand manège couvert. La monture de ce stagiaire est un quarter horse, le cheval de prédilection du reining. Avec sa silhouette horizontale et trapue, il est adapté à cette forme de dressage. Le cercle fait partie des figures de la discipline jugées en concours.
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“Il y a aussi les spins, un pivot sur les postérieurs à plus ou moins grande vitesse, détaille encore Clara Torre da Silva. Ou encore les sliding stops : le cheval est au galop, s’arrête à la demande du cavalier, et glisse. Il a une ferrure spécifique, et même un sol spécialement étudié.” Le reining est exigeant pour les chevaux, “mais ce sont des athlètes, précise la cavalière. On doit respecter leurs aptitudes naturelles”.
Toutes ces manœuvres sont dérivées du travail de ranch, d’une équitation de travail. Le cercle servait à bloquer les vaches rapidement, par exemple. La finalité en compétition consiste à ne guider le cheval que d’une seule main, l’aboutissement du dressage.

Stage pré-compétition “Je suis venu de Limoges pour ce stage, raconte Frédéric. Je pratique le reining depuis quatre ans, et avoir les conseils d’un champion, ça m’intéresse !” Ils sont une vingtaine à participer à ces deux jours intensifs. Il connaissait déjà le centre gersois, pour y venir s’entraîner avant les compétitions. Et ce stage, pour lequel le “3S” n’a pas eu besoin de faire la moindre publicité, lui apporte une autre vision sur sa discipline.
“J’ai beau avoir un coach, son avis diffère de celui de Bernard Fonck. Et au final, cette autre perspective s’avère meilleure pour mon cheval et pour moi.” La date retenue pour la venue du champion ne doit rien au hasard. Les concours de reining commencent en février-mars. Les compétiteurs font passer leurs chevaux de centre en centre pour les accoutumer à d’autres environnements.
“Certains chevaux sont convoyés aux USA en avion, pour les compétitions de haut niveau… Ils doivent être habitués à changer d’environnement” glisse Kristel, cavalière professionnelle de reining au “3S”.

Bernard Fonck surveille les évolutions des cavaliers, assis sur une chaise en bord de manège. Sa voix résonne, avec un fort accent flamand. C’est la première venue du champion belge dans le Gers. “Je suis très content de voir des jeunes aux commandes de belles structures comme celle-là ! Les stagiaires y mettent du leur.”
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Médaillé d’argent aux Jeux équestres mondiaux de 2010, puis de 2014, ce cavalier belge a remporté le titre mondial individuel aux Jeux équestres mondiaux de 2018, devenant ainsi le premier cavalier non Nord-Américain à être sacré champion du monde de cette discipline. Il est également lors de ces Jeux médaillé d’argent par équipe. En 2018, il est devenu le premier Européen à remporter plus de 2 M$ en compétition de reining.

Sans surprise, l’homme est très demandé : il a dix dates fixées entre janvier et février, avant de reprendre la compétition, les “shows” comme on les appelle, à raison de deux par mois. “Mais je me garde quand même une semaine en famille”, assure en riant le champion avant de rejoindre Frédéric sur le manège. “C’est un honneur pour nous de pouvoir le recevoir ici, confie Kristel. Et on va essayer de le faire revenir !”

