Révélé au TFC, avec qui il a été champion de Ligue 2 et remporté la Coupe de France, Branco van den Boomen revient en France, à Angers, où il va tenter de se relancer. À l’heure de retrouver les Violets, ce dimanche 8 février en Ligue 1 (17h15), le meilleur joueur de Ligue 2 en 2022 se confie sur un club et une ville qui restent chers à son cœur.
Branco, nous parlons en français ?
Il répond en français : Pfiou… Je ne sais pas !
Vous le parlez encore un peu à la maison ?
Non, plus du tout. Je pratiquais un peu avec Bertrand Traoré (international burkinabé, formé à Auxerre et passé par l’Olympique Lyonnais entre 2017 et 2020 Ndlr) à l’Ajax, mais pour le reste non. You speak english (vous parlez anglais) ?
Oui, nous pouvons discuter en anglais… D’abord, comment allez-vous ?
Très bien. Je me sens bien dans ce club, les gens me donnent beaucoup de confiance depuis que je suis arrivé. C’est bon d’être de retour en France et… Oui, c’est ça, je sens des ondes positives autour de moi pour le moment, ça me fait du bien.
Vous êtes venu seul à Angers ?
Oui. Ma femme et mes enfants sont aux Pays-Bas la plupart du temps. C’est difficile, c’est sûr, mais pour l’instant, ce n’est que pour quatre mois (il est prêté par l’Ajax Amsterdam jusqu’à la fin de saison Ndlr). Pour les faire venir ici, il faudrait les retirer de l’école là-bas, bouleverser toutes leurs habitudes. On a pensé que c’était mieux pour eux de rester aux Pays-Bas. On verra comment les choses se passent en juin. Est-ce que je resterais à Angers ? Est-ce que je resterais en France ? Si je signe ici pour deux ou trois ans par exemple, c’est évident qu’on se rejoindra tous en France. Mais quatre mois, ce n’est pas suffisant.
Quel âge ont-ils ?
Mon aînée a quatre ans maintenant, le deuxième deux, et ma femme est enceinte, nous attendons un troisième enfant qui arrivera en juin.
Félicitations ! En parlant d’enfants, vous aviez eu cette phrase en quittant Toulouse et le TFC en 2023 : “Je suis arrivé ici comme un enfant, je repars en étant père…” Elle disait beaucoup de l’importance de votre aventure ici…
Oui… J’ai toujours des sentiments très forts pour Toulouse. Et ça ne partira jamais. Ce qu’a fait le TFC pour moi, pour ma carrière… Ça a changé toute ma vie. Je suis vraiment reconnaissant pour ça.
À lire aussi :
REPORTAGE. TFC : “Vivez, aimez, riez !” On est parti sur les traces de Branco van den Boomen à Eindhoven
On a l’impression que votre parcours est lié à la France. Qu’en pensez-vous ?
C’est certain, il y a quelque chose de particulier. Déjà, ça me fait plaisir de retrouver la Ligue 1. C’est un des gros championnats. Je pense aussi que du fait de mon passage à Toulouse, beaucoup de clubs ici savent qui je suis, me regardent, me suivent peut-être de plus près que dans d’autres pays. Donc oui, ce lien existe.

Qu’est ce qui n’a pas fonctionné à l’Ajax ? Les blessures semblent vous avoir beaucoup freiné.
La première année, quand je suis arrivé, je jouais. J’ai une première blessure au genou, qui m’a empêché de jouer pendant six semaines. Ensuite, on change de coach, je ne joue plus à mon poste préférentiel. On recommence l’année avec Francesco Farioli (ancien coach de Nice, aujourd’hui au FC Porto Ndlr), je joue environ la moitié des matchs, puis j’ai une nouvelle grosse blessure au dos. Après ça, je n’ai jamais vraiment eu la possibilité de revenir. Donc oui, les blessures, en partie, mais aussi le fait d’avoir peu eu l’opportunité de jouer à mon vrai poste. Ce sont les deux facteurs cruciaux. C’est comme ça…
Cela a été compliqué de se dire : ‘ok, ça ne va pas fonctionner à Amsterdam, il faut passer à autre chose’ ?
Le plus difficile, c’est de se dire qu’il faut partir des Pays-Bas. C’est mon pays, les choses sont beaucoup plus simples pour ma famille. Venir à Angers, ne pas voir sa famille pendant quatre mois, c’est une grande décision. Je le fais pour créer des opportunités pour tout le monde. Cet été, on verra ce que veut l’Ajax, ce que je veux, et on fera le point à partir de ça.
À lire aussi :
TFC. Van den Boomen : “Il y a deux ans, personne ne me connaissait, aujourd’hui, on me serre la main en ville. C’est fou!”
Dès votre premier match en tant que titulaire avec Angers, vous êtes dans l’équipe type de la semaine du journal L’Équipe. Vous avez vu ça ?
Oui ! J’ai plutôt bien joué.
Le type de jeu et les idées du coach d’Angers, Alexandre Dujeux, semblent vous convenir ?
Je voulais retrouver ce rôle que j’avais au TFC. Je l’ai un peu à Angers, où je joue plutôt sur le côté gauche du milieu de terrain, j’ai de la liberté pour descendre à la construction, et aussi pour être dans la zone de finition des actions. Je n’ai jamais occupé ce poste à l’Ajax. C’était vraiment une condition sine qua non pour mon nouveau projet. J’ai discuté avec Alexandre (Dujeux), l’entraîneur, et nous étions sur la même longueur d’onde.
Dimanche, face au TFC, ce sera un match très spécial pour vous ?
Franchement, oui, vraiment. Et ce sera super de revoir des gens qui travaillent encore au club, quelques joueurs. Je me suis entraîné avec plusieurs d’entre eux, Rasmus (Nicolaisen), bien sûr, j’ai beaucoup joué avec lui. Ce sera un moment particulier. Et évidemment, les supporters…
Beaucoup d’entre eux vous ont envoyé des messages quand vous êtes arrivé à Angers ?
Oui, c’était fou. Mais même avant ça, quand je jouais à l’Ajax, je n’ai jamais perdu le contact avec eux. J’ai vraiment senti beaucoup d’amour. Ils ont une place spéciale dans mon cœur.
À lire aussi :
100e match de van den Boomen au TFC : on a demandé à Branco ses trois plus grands souvenirs sous le maillot violet
Ça ne vous a pas traversé l’esprit de revenir au TFC ?
Le TFC n’a pas besoin de recruter au milieu de terrain. Au mercato d’hiver, c’est un recrutement très ciblé. Toulouse n’avait pas besoin de moi, je le comprends parfaitement.
J’imagine que vous avez vu les images de l’aéroport de Blagnac quand Stijn Spierings, votre coéquipier et partenaire du milieu au TFC, a fait son retour au club en début de saison 2023-2024 ?
C’était fou ! Mais tout ça, c’est vieux, maintenant.
À lire aussi :
VIDEO. TFC : Stijn Spierings accueilli comme un héros par des centaines de supporters à l’aéroport Toulouse-Blagnac
Vous êtes toujours en contact avec lui, avec Brecht Dejaegere ?
Oui, avec eux, et Thijs (Dallinga). On se parle très souvent. Quand l’un d’entre nous change de club, quand on a envie d’évoquer nos souvenirs de Toulouse… J’ai aussi quelques contacts avec Damien Comolli, avec Philippe Montanier. On a échangé quelques messages après sa nomination à Saint-Étienne cette semaine.

Vous avez aussi côtoyé rapidement Carles Martinez Novell, qui était assistant de Philippe Montanier avant votre départ.
Oui, et je pense qu’il fait un bon travail. Chaque année, le TFC s’améliore, il y a de très bons joueurs dans l’équipe. Je pense que ce sera un match difficile dimanche… Mais je suis content de voir comment le TFC se développe.
À lire aussi :
100e match de van den Boomen au TFC : Pech-David, sorties et restos, les bons plans de Branco à Toulouse
Vous êtes déjà revenu à Toulouse depuis votre départ du TFC ?
Non, pas encore. Mais à l’Ajax, c’était difficile, parce qu’on jouait deux matchs par semaine, donc ça laissait peu de temps pour voyager. Mais j’ai dit à ma femme que quand j’arrêterai le foot, on irait tous les ans à Toulouse en vacances. Juste pour faire vivre ces souvenirs.
Pas pour vivre ?
Peut-être ! Mais je crois que l’on a envie d’habiter aux Pays-Bas, proche de nos familles, à Veldhoven. Peut-être une maison de vacances.
Votre père sera en tribune avec les Indians dimanche ?
(Rires). Non… Mais il a gardé beaucoup de contacts avec les supporters. Il est déjà revenu voir des matchs à Toulouse depuis mon départ. Je pense qu’après ma carrière, j’irai voir des matchs avec lui au Stadium.

