Les sénateurs ont voté samedi un amendement qui va augmenter la durée annuelle de travail des salariés de 12h par an. Le gouvernement était contre. Pas sûr qu’un accord intervienne avec les députés.
Allons-nous devoir travailler 12h de plus par an ? Oui, selon l’amendement voté samedi au Sénat. Les sénateurs ont approuvé par 199 voix contre 135 l’amendement du sénateur centriste Olivier Henno, dans le cadre du budget de la Sécurité sociale.
“On ne pourra pas s’en sortir si on ne crée pas plus de richesses. Pour produire plus de richesses, il faut investir plus, mais surtout augmenter le temps de travail”, a expliqué l’élu au Sénat à majorité de droite et du centre. Le camp gouvernemental et la gauche étaient contre. Le PS Simon Uzenat y a vu “une provocation absolue”. Le rendement annuel a été chiffré à plus de 10 milliards d’euros.
À lire aussi :
Budget 2026 : Sébastien Lecornu dénonce “le cynisme” des partis politiques et définit 5 thèmes prioritaires
1619 heures de travail par an
Cet amendement ferait porter la durée annuelle du travail de 1607 heures à 1619 heures, sans revenir sur les 35h légales hebdomadaires. Il laisserait le soin aux partenaires sociaux de le mettre en place.
Aux opposants à cette hausse du temps de travail, le sénateur à l’origine de l’amendement Olivier Henno répond : “Douze heures de travail rémunérées par an, c’est une heure par mois, 15 minutes par semaine”.
Quel sera l’avenir de cet amendement ? Pas sûr qu’il aille bien loin… Tout accord entre l’Assemblée nationale et le Sénat sur le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026 semble plus qu’hypothétique. Le rapporteur général du budget Philippe Juvin (LR) a suggéré au gouvernement de recourir finalement à l’article 49.3 de la Constitution, pour faire passer un budget avant le 31 décembre.
À lire aussi :
Budget de la Sécu 2026 : les débats terminés à l’Assemblée nationale, place au Sénat, que va-t-il se passer ?
Pas une première pour le Sénat
Ce n’est pas la première fois que les sénateurs votent une hausse du temps de travail en France. L’an dernier, ils avaient voté pour une journée de solidarité supplémentaire qui aurait consisté à faire travailler les salariés gratuitement pour financer l’autonomie. Il y a quelques mois, l’ancien Premier ministre François Bayrou avait souhaité supprimer deux jours fériés. La proposition avait été fortement contestée.

