February 5, 2026

"Il leur disait que leur chat allait mourir s’ils dévoilaient leurs secrets" : procès à huis clos pour un couple accusé de viols incestueux

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Un couple est jugé depuis mercredi devant la cour d’assises du Gers pour des faits de viols incestueux et d’agressions sexuelles sur ses deux jeunes enfants, dans un village de l’ouest du département. Un dossier sensible, examiné à huis clos, dans un contexte familial déjà marqué par des violences.

C’est une nouvelle affaire sordide qu’examine depuis mercredi 4 février la cour d’assises du Gers. Après avoir condamné mardi un homme et une femme pour des faits de viols incestueux et de non-dénonciations de crimes, un autre couple comparait à son tour devant la cour d’assises pour de graves faits à caractère sexuel commis dans un cadre intrafamilial.

L’affaire, particulièrement sensible, concerne deux enfants et doit être examinée durant trois jours d’audience. La première journée de débats, qui se déroulent à huis clos, vient de s’achever.

Le principal accusé, un homme né en 1976 et résidant dans le village de Saint-Germé au moment des faits, est en détention provisoire depuis près de trois ans à la maison d’arrêt de Seysses (Haute-Garonne).

Sa compagne, née en 1979, a également été renvoyée devant la cour. Elle a, pour sa part, été placée sous contrôle judiciaire. Les faits poursuivis auraient été commis entre 2017 et 2020, des viols incestueux et des agressions sexuelles. Deux enfants du couple sont concernés : une fille, âgée de 4 à 7 ans entre 2017 et 2020, et son frère, de deux ans son aîné.

Un contexte familial déjà marqué par des violences

Selon Me Marie Gomes, avocate des deux enfants et de l’UDAF (union départementale des associations familiales), désignée administrateur ad hoc, le dossier s’inscrivait dans un contexte familial lourd, déjà connu des services judiciaires. Le père avait notamment été condamné par le passé pour des faits de violences sur son fils, né en 2012. À la suite de ces faits, l’enfant avait été placé à l’aide sociale à l’enfance. Sa sœur avait également été placée quelques mois plus tard.

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Les parents bénéficiaient ensuite de droits de visite médiatisés. C’est dans ce cadre, selon l’avocate des enfants, que seraient apparus des éléments de pression exercés sur les mineurs. Les enfants évoquaient régulièrement une menace liée à leur animal de compagnie, sans que l’entourage n’en comprenne immédiatement le sens. “On a compris par la suite qu’il s’agissait d’un moyen de pression pour les empêcher de parler. Le père leur disait à chaque visite que leur chat allait mourir s’ils dévoilaient leurs secrets”, a affirmé Me Gomes.

Les révélations seraient intervenues peu après, “quand les enfants se sont sentis en sécurité”, à l’occasion de plusieurs auditions.

Des accusations très lourdes

S’agissant du père, l’accusation porte sur des viols sur la fillette et des agressions sexuelles sur les deux enfants. La mère est également poursuivie pour des faits d’agressions sexuelles sur le garçon. Les parents contestent les faits.

Me Marie Gomes représente les deux enfants du couple dans ce procès.
Me Marie Gomes représente les deux enfants du couple dans ce procès.
DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE

“Le père conteste tout, de A à Z. Il parle d’un complot des services sociaux”, a rapporté Me Gomes. La position de la mère est, selon elle, “plus ambivalente” : elle nie les faits qui la concernent mais affirme ne pas avoir été témoin de ceux reprochés à son compagnon, sans les nier entièrement.

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L’enquête a également mis au jour, toujours selon l’avocate des enfants, de très nombreux contenus pornographiques à thématique incestueuse impliquant des mineurs, retrouvés sur l’ordinateur du père. Celui-ci a par ailleurs déjà été condamné pour des faits d’exhibition sexuelle.

“Les enfants sont aujourd’hui profondément marqués psychologiquement par ce qu’ils ont vécu”, a insisté Me Gomes, évoquant “beaucoup d’inquiétudes quant à leur avenir”.

Une audience déterminante

De son côté, Me Pierre Thersiquel, avocat de l’accusé principal, a souligné “la complexité d’un dossier strictement intrafamilial, avec un contexte humain et familial lourd”. Il a rappelé que la position adoptée par son client à l’audience constituait un élément clé des débats : “Le positionnement d’un accusé peut évoluer, et c’est à l’audience que les choses se diront. D’ailleurs, il est déjà revenu sur ses accusations concernant les services sociaux, reconnaissant leur travail”, assure le pénaliste.

Cette première journée d’audience a été marquée par le rapport des enquêteurs et les personnalités des co-accusés. Dès ce jeudi, le couple devra s’expliquer sur le fond. Des paroles très attendues, qui ne franchiront pourtant pas les portes closes de la cour d’assises.

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