L’équipe de France féminine de hockey sur glace participe pour la première fois aux Jeux olympiques. Composée majoritairement d’amatrices, elle bénéficie désormais d’un soutien financier. Cette qualification pourrait-elle transformer leur avenir sportif et professionnel ?
Sophie Leclerc est médecin, Jade Barbirati étudiante dans une université américaine, Anaé Simon salariée dans un cabinet de conseil et recrutement, Margaux Mameri employée dans un institut médico-éducatif. Toutes sont hockeyeuses sur glace et composent la première équipe de France féminine qualifiée pour les Jeux olympiques, à partir du jeudi 5 février à Milan. Pourtant, la quasi-totalité des 23 joueuses sélectionnées sont amateures. Seules trois d’entre elles disposent d’un contrat professionnel : Chloé Aurard, Estelle Duvin et Clara Rozier, toutes basées en Suisse.
Jongler entre travail et haut niveau
“Je ne gagne pas d’argent avec le hockey. Au contraire, j’en dépense pour jouer”, résume Anaé Simon à franceinfo. L’attaquante finance sa licence, son équipement, une paire de patins coûte environ 1 000 euros et doit parfois compter sur des sponsors. Lors de la saison 2024-2025, la capitaine Lore Baudrit travaillait 40 heures par semaine chez Audi, avant d’enchaîner préparation physique et entraînements sur glace. “J’ai fini sur les rotules”, confie la joueuse de 34 ans, qui envisageait alors d’arrêter. Sa sélection olympique a relancé la question de l’équilibre, la poussant à alerter le staff et à lancer une cagnotte de soutien.
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Aucun club du championnat féminin français ne salarie actuellement ses joueuses. “Parfois, le club paye seulement le logement ou la nourriture de la joueuse. Il peut aussi verser une rétribution quand elle coache en parallèle de son entraînement”, explique Grégory Tarlé. Pour se rendre en stage ou en compétition, beaucoup ont longtemps posé des congés.
Une qualification olympique qui change la donne
La qualification olympique a toutefois amélioré leur situation. Désormais intégrées au dispositif de l’Agence nationale du sport, les Bleues bénéficient d’un revenu annuel garanti de 15 000 euros. “Quand cette aide est arrivée, ça a soulagé tout le monde”, souligne l’entraîneur. Certaines voient aussi leur salaire pris en charge pendant les rassemblements. “Depuis peu, je reçois par l’ANS une partie de mon manque à gagner quand je suis en stage. C’est vraiment génial”, témoigne Sophie Leclerc.
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Le quotidien reste millimétré. “J’ai un quotidien chargé. Donc quand j’ai du temps, j’essaie de gratter du sommeil”, reconnaît Anaé Simon, qui ne renonce pas pour autant à son métier : “Mon métier, ce n’est pas un plan B. C’est mon plan A que j’ai décidé d’allier avec le hockey à haut niveau.”
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Pour les plus jeunes, l’exil nord-américain est souvent la seule option. À 22 ans, Jade Barbirati bénéficie d’une bourse universitaire mais s’interroge sur l’avenir. “Si j’ai une occasion de passer pro, pourquoi pas. Mais si je n’ai pas d’opportunité correcte, je serai prête à passer à un autre chapitre de ma vie et à arrêter le hockey, même si ça me fera mal.”
Avec les Jeux de 2030 dans les Alpes françaises, les Bleues espèrent désormais plus de visibilité et moins de précarité.

