Après le renvoi de Frédéric Brasilès devant la cour criminelle pour des accusations de viols, la campagne politique s’est enflammée à Toulouse. Pas du goût d’une des victimes de cette affaire.
Après presque sept années de procédure, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse a rendu un arrêt, le jeudi 29 janvier. Cette décision, susceptible d’un pourvoi en cassation, renvoie Frédéric Brasilès, 51 ans, devant la cour criminelle de la Haute-Garonne. Il est accusé de viols sur cinq femmes ; deux d’entre elles étaient mineures lors des faits. Le procès n’est pas attendu avant début 2027.
Ce renvoi a entraîné des prises de parole, et de position, des candidats à la mairie de Toulouse, très réactifs à six semaines des élections municipales. Quand les faits ont été dénoncés en 2019, Frédéric Brasilès occupait un poste d’élu municipal aux côtés du maire Jean-Luc Moudenc. Il a d’ailleurs dû rapidement présenter sa démission. François Briançon et François Piquemal réclament une constitution de partie civile de la mairie “au soutien” des victimes.
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Une proposition qui fait bondir une des victimes, partie civile au dossier. Une femme qui a porté plainte dès 2007 après avoir été abusée lors d’un mariage. Cette plainte, après l’audition de la victime et même une confrontation en août 2007, a longtemps disparu dans le palais de justice de Toulouse. Puis elle a été classée avant d’être rouverte en 2019. Une femme qui n’a pas été sollicitée avant les prises de position des candidats à la mairie de Toulouse.
“Soutien intéressé”
“C’est un combat de 20 ans pendant lesquels nous n’avons jamais été contactés ni soutenus par qui que ce soit. À quelques semaines d’une élection municipale, certains élus semblent se rendre compte qu’ils éprouvent un intérêt pour notre histoire et vont même jusqu’à “soutenir” les victimes”, constate, amer, Me Alexandre Parra-Bruguière, avocat de cette victime.
Et il relaie la parole de cette femme : “Messieurs, nous n’avons pas besoin de votre soutien intéressé par autre chose que la simple idée de justice. Votre empathie est feinte. Ma cliente est choquée d’une telle bassesse et d’une récupération politique qui ne fait qu’alimenter l’impression de vacuité du débat politique. C’est un soutien que nous n’acceptons pas. Faites de la politique et laissez la justice faire son travail.”

