Elon Musk au Forum de Davos, le 22 janvier 2026. MARKUS SCHREIBER/AP/SIPA
Le parquet de Paris a convoqué le 20 avril le milliardaire Elon Musk, patron de la plateforme X, dont les locaux français sont actuellement perquisitionnés pour diverses dérives présumées, a indiqué mardi 3 février la procureure de Paris dans un communiqué.
Elon Musk est convoqué, ainsi que Linda Yaccarino, ancienne directrice générale de X, le 20 avril « aux fins d’auditions libres », « en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits », précise la procureure Laure Beccuau. En parallèle, « une perquisition est diligentée ce jour [mardi] dans les locaux français de la plateforme X », a précisé la magistrate. Voici ce que l’on sait.
• Une enquête ouverte début 2025
Ces actes d’enquête sont dirigés dans le cadre d’une enquête ouverte début 2025. Ces investigations avaient d’abord été ouvertes à la suite de signalements de députés, dénonçant des algorithmes biaisés du réseau social X, dirigé par le magnat Elon Musk, susceptibles d’avoir faussé son fonctionnement.
Depuis, les investigations ont été élargies à d’autres infractions, parmi lesquelles : complicité de détention d’images de mineurs présentant un caractère pédopornographique, complicité de diffusion, offre ou mise à disposition en bande organisée d’image de mineurs présentant un caractère pédopornographique, deepfake à caractère sexuel, négationnisme.
• Qui est convoqué ?
Outre Elon Musk et Linda Yaccarino, « des salariés de la plateforme X sont également convoqués la semaine du 20 du 24 avril 2026 pour être entendus en qualité de témoin », a expliqué la procureure. « Les auditions libres des dirigeants doivent leur permettre d’exposer leur position sur les faits et le cas échéant les mesures de mise en conformité envisagées », a poursuivi Laure Beccuau.
Le choix de convoquer les protagonistes en « audition libre » reflète l’état d’esprit des enquêteurs : « La conduite de cette enquête s’inscrit à ce stade dans une démarche constructive, dans l’objectif de garantir in fine la conformité de la plateforme X aux lois françaises, dans la mesure où elle opère sur le territoire national. »
• Que sait-on des perquisitions ?
La perquisition en cours est menée avec l’unité nationale cyber de la gendarmerie et en présence d’Europol.
A l’inverse, dans l’information judiciaire visant la plateforme Kick, après la mort cet été en direct du streamer Jean Pormanove, la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris a émis fin janvier des mandats d’arrêt contre les trois gérants de faits et de droit de la plateforme, elle-même aussi visée en tant que personne morale.
Le parquet a expliqué y avoir été contraint car les protagonistes, convoqués, ne s’étaient pas présentés à la justice française.

